En droit, on n’utilise pas les mêmes mots pour exprimer les mêmes réalités, comme l’aurait voulu le Français courant. Eh oui… Depuis la crise post-électorale, le pouvoir en place n’a eu de cesse de clamer avec toutes sortes d’instruments et de canaux à sa disposition, que ceux qui sont en prison ne le sont pas pour des motifs politiques.

Puisque plusieurs infractions – très kilométriques pour certains- leurs seraient reprochées. La justice ivoirienne qui tend vers une vraie impartialité pour ses responsables, ne met jamais en prison quelqu’un pour des motifs fallacieux. Le code pénal est là qui définit les infractions et selon le principe de légalité, «nullum crimen nulla poena sine lege » ; traduction littérale de cette expression, pas d’infractions, pas de peines sans texte incriminateur. Et nos juges n’ont fait que se référer à la loi pour incriminer des personnes politiques pour la majorité, qui croupissent dans des geôles. N’allez donc pas confondre des hommes politiques incriminés pour des faits légalement réprimandés et des prisonniers politiques. C’est ce que semblent expliquer en vain les autorités, aux Ivoiriens. Compris, ne faites désormais plus d’amalgames entre ces deux notions! Et Michel Gbagbo et son co-inculpé, l’apprent à leurs dépens. En effet, «le procès de Michel Gbagbo, le fils de l’ex-chef de l’Etat ivoirien et de Laurent Despas poursuivis devant le Tribunal d’Abidjan pour « divulgation de fausses nouvelles » a été reporté au 20 octobre prochain. Le juge a justifié, vendredi, ce report par l’indisponibilité de Michel Gbagbo en mission à l’intérieur du pays en qualité de Président de jury du baccalauréat de même que Laurent Despas, en France actuellement…Michel Gbagbo et Laurent Despas, Propriétaire d’un site d’information avaient été convoqués pour ‘’divulgation de fausses informations’’.
Selon Me Dadjé Me Ange Rodrigue Dadjé, l’avocat de la défense qui s’exprimait vendredi dernier « en mai 2016, le Président de la République lors de son allocution avait déclaré qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. La presse a fait réagir différentes personnalités du monde politique dont Michel Gbagbo qui a estimé qu’il y avait bel et bien des prisonniers politiques ». ‘’Divulgations de fausses informations’’ fait bel et bien partie de notre code pénal, et on peut donc s’y référer pour sanctionner. Mais ne pourrait-on pas souvent saisir de telles occasions pour éduquer la masse d’Ivoiriens qui ignorent royalement ce principe de ‘’nul n’est censé ignorer la loi’’ ? Surtout que cet alibi de personnes poursuivies, inculpées, détenues ou condamnées en dehors de toute raison politique, a du mal à passer dans les esprits !

KONE YAO

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