Quand Soro a parlé de pardon et de réconciliation sincères nous avons douté de sa sincérité et de sa volonté réelle de ressouder les morceaux de confiance, de fraternité et d’amitié entre les frères ivoiriens. Sa sortie du 19 septembre 2017 nous donne raison et nous montre le vrai visage et la vraie intention de ce pardon ignoble.

Les peuples du nord ont connu des frustrations que nous savons tous, à un moment donné de notre histoire commune. Et si nous sommes honnêtes, nous pouvons facilement en connaître les auteurs et le contexte de ces agissements.

Ce n’est pas le fait d’un quelconque peuple du sud contre les peuples du nord. C’est la conséquence du jeu trouble des hommes politiques et de l’avidité de certains agents de sécurité, qui ont exploité cela comme un fonds de commerce ignominieux. Et comme fallait s’y attendre, d’autres hommes politiques, dont Soro et d’autres jeunes du nord ont été le bras séculier, ont utilisé à leur tour et à leur compte, les frustrations qui en ont découlé pour chauffer à blanc des peuples originairement pacifiques, pour en faire des assassins et des bourreaux de ceux avec qui ils ont toujours cohabité en harmonie.
Que Soro nous donne l’exemple de peuple du sud qui a attaqué des peuples du nord pour ceux qu’ils sont et vice-versa, avant que les politiciens en quête de pouvoir n’attisent la haine tribale et ethnique pour en faire des armes dans leur affrontement politique.

J’ai vécu pendant sept ans au nord. Je n’ai pas pas senti de la haine dans les rapports entre les autochtones et les ressortissants des autres ethnies et des autres régions, jusqu’à ce que la campagne hideuse pour assouvir des ambitions politiques démesurées.

Aujourd’hui, si Soro a encore un peu de dignité et d’honnêteté dans sa volonté de pardon, il doit reconnaître que les actes posés par sa rébellion n’avaient rien à avoir avec le rétablissement des peuples du nord dans leurs droits de citoyens. On a plutôt assisté à des crimes en règle contre d’autres peuples de la Côte D’ivoire dont la seule culpabilité est d’être du sud, de la même ethnie ou du même parti politique que leurs ennemis politiques. Quand il dit que grâce à lui la Côte d’Ivoire a connu ses premières élections présidentielles réellement démocratiques, il doit avoir le triomphe modeste. Parce que s’il avait posé un acte salvateur, on ne parlerait pas de réconciliation, ni lui de pardon. Jamais la Côte d’Ivoire n’a connu d’élections aussi contestées et meurtrières. On connaît tous le nombre de morts, d’exilés, de réfugiés et de déplacés, consécutif aux élections dont il parle avec une fierté ronflante. Sans compter le nombre de ceux qui ont tronqué le confort de leurs domiciles contre le cadre putride et nauséeux des geôles de la république. Les chiffres sont partout.

De quoi se vante-t-il gaillardement ? Peut-il affirmer que les ivoiriens sont plus unis aujourd’hui qu’avant sa rébellion réparatrice de torts ? Les faits sont là, tangibles et parleurs. On ne pardonne pas à quelqu’un qui pense que les cruautés qu’il a commises sont un acte messianique. Ou il est conscient qu’il a fauté et il demande pardon à tout le monde de manière sincère, ou bien il considère qu’il a posé un acte salvateur et messianique, et il demande alors à tous de le louer. Mais pas les deux à la fois.

Le Prince de Laboll, le tout premier député de la 3ème République.

DECIMUS

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