Victime d’une accusation, Pale To Brice, a été incarcéré pendant deux ans à la maison de correction d’Abidjan. Dans cet entretien il se prononce sur ses conditions de vie carcérale.

Qu’est-ce qui vous y a conduit?
J’ai été victime d’une accusation. J’avais un ami qui vendait la drogue mais je ne savais pas. Un jour étant chez lui, la police nous surprend après plusieurs enquêtes. C’est chez lui en 2015 que nous avons été jugés et après jetés à la Maca.
Comment avez-vous vécu cette situation ?
C’était vraiment difficile pour moi. Je n’avais jamais pensé une fois dans ma vie que j’allais vivre cette situation. Ma famille m’avait abandonné. J’ai connu une nouvelle vie à la Maca. Nous vivions dans les conditions lamentables, sans accès au soin où même le repas quotidien était incertain.
Comment étiez-vous traités en prison ?
En prison il y a plusieurs classes. Des personnes qui sont riches sont bien traitées. Mais dans notre bâtiment, c’était la jungle. En prison, j’étais exposé à toute sorte de maladies. Nous n’avions pas accès aux soins.
Comment se passe votre nouvelle vie depuis votre sortie ?
Je m’intègre progressivement dans la vie sociale. Ce n’est pas facile mais on fait avec. Parce que ma famille m’avait déjà abandonné. Donc je m’y fais.
Comment se fait l’accueil dans les centres de santé depuis votre libération ?
Au départ, quand je me rendais à l’hôpital, certains infirmiers refusaient de me recevoir, de me toucher parce que je leur expliquais que je suis un ancien prisonnier. La stigmatisation est une réalité même si on fait fi malgré notre souffrance intérieure.

Propos recueillis par Mireille Appini

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