Le ministère de l’Intérieur est paralysé depuis un mois maintenant, avec une grève qui a débuté le 4 septembre dernier. Mais silence radio du côté du nouveau ministre Sidiki Diakité, ancien préfet d’Abidjan, qui devrait certainement être au parfum des revendications de ses agents. En effet, ces derniers ont sept principaux griefs contre leur hiérarchie. A savoir la signature d’un décret portant institution d’indemnités de sujétion, salissure et risque pour tous les fonctionnaires et agents du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité ; la signature d’actes portant tarification des actes administratifs émanant des services dudit ministère en vue de la création d’une régie financière qui favorisera l’institution de primes ; la Prise de décret portant création et organisation de la police préfectorale ; la Prise de décret portant intégration des gens de maison à la Fonction Publique ; l’extension d’indemnité de logement à tous les fonctionnaires et agents du ministère ; le paiement immédiat du stock d’arriérés des indemnités de logement des Chefs cab et des Gardes de Sous préfecture ; la prise d’actes garantissant l’emploi des fonctionnaires en service dans les collectivités territoriales. Un peu long, mais réalisable, se disent-ils, d’autant plus que ces revendications sont vieilles de 20 ans. Et trois premières grèves depuis juin 2016, n’ont pas fait flancher les autorités qui n’ont fait à ces agents, que de vaines vilaines promesses. Et cette grève au dire du Syndicat national des agents du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité (SYNAMICI), est largement suivie, puisque, «environ 80 département sur 107 observent le mot d’arrêt de travail.». Mais qui sont au fait, les argents actuels grévistes? Tous les fonctionnaires et agents du ministère tout d’abord ; ensuite au niveau de l’administration du territoire on a les administrateurs civils, les attachés administratifs, les secrétaires administratifs, les adjoints administratifs, les agents de bureau, les gardes de Sous préfecture, les chauffeurs, et les gens de maison. Ce même personnel se retrouvant pour la plupart dans les autres directions. Il faut dire avec le fonctionnement actuel de ce ministère –ce qui ressemble à une injustice- ce ne sont que les membres du corps préfectoral qui bénéficient des avantages.

Que du dilatoire !

Depuis le début de la grève, le cabinet a reçu à 3 reprises les syndicats pour leur demander de lever le mot d’ordre sur la base de promesses. Les syndicats ont refusé. D’autant plus que jusqu’ici, la montagne a accouché d’une souris. La preuve, en 2016, le Dir Cab avait signé au nom du Ministre d’alors Hamed Bakayoko- celui qui veut améliorer les conditions de vie et de travail des militaires alors qu’il n’avait pu solutionner celles de ses anciens agents- un protocole d’accord engageant le ministre à régler les problèmes des agents juste après les législatives mais après, rien ! Après cela le ministre Hamed Bakayoko a reçu les syndicats et a promis régler le problème en 2 semaines. Il a demandé à cet effet en vue de préparer une communication en conseil des ministres, de produire un mémorandum au sein duquel seraient contenues toutes les revendications. Cela a été fait depuis le 31 mai 2017, mais rien n’a été fait de concret, jusqu’au 4 septembre 2017, jour du grand débrayage ! La dernière trouvaille pour le nouveau ministre Sidiki Diakité, c’est un séminaire prévu pour le 17 octobre 2017 pour se pencher sur leurs revendications. Comme s’ils n’avaient pas assez communiqué dessus ! Parce que la mobilisation est sans faille, et se durcit même, à travers les réseaux sociaux. La hiérarchie ayant donc perdu tout crédit aux yeux des syndicats, le SYNAMICI a rejeté la proposition de séminaire en se référant à la grève générale des fonctionnaires, en janvier dernier. Puisque tous les syndicats de la fonction Publique avaient unanimement rejeté la proposition du séminaire parce qu’estimant que juste une volonté politique pouvait régler les problèmes des fonctionnaires. Par ailleurs, le SYNAMICI, vu les précédentes promesses non tenues, ne croit pas en ce séminaire et pense que c’est encore un subterfuge pour gagner du temps afin que le budget 2018 soit voté et que la ferveur de la lutte prenne un plomb dans l’aile. Et ils ont eu le nez creux ces futés syndiqués, puisque le projet de budget 2018 a été adopté lors du conseil des ministres du mercredi dernier sans que leurs problèmes n’aient été réglés. Entre temps les usagers- et surtout leurs enfants élèves ou étudiants- sont livrés à eux-mêmes, et ne peuvent accomplir des actes administratifs relevant de ce ministère. Détrompés vous de lieu, oui, nous sommes vraiment en Côte d’Ivoire!

KONE YAO

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