La ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement Professionnel et Technique auréolée d’une énième ascension en tant que secrétaire générale du RDR au pouvoir, a décidé de monter sur ses grands chevaux pour rabrouer la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire. Parce que son autorité à elle, on ne la défie aucunement! Au lendemain de la manifestation des étudiants contre le coût élevé des inscriptions, elle a donné de la voix, face à la presse : « En Côte d’Ivoire les inscriptions se font en ligne dans les établissements secondaires et les frais s’élèvent à 5000 FCFA, la carte d’identité scolaire revenant à 1000 FCFA, soit 6000 francs CFA. Au primaire, les inscriptions sont gratuites et cette réalité est vérifiable partout… Pour le cas des cotisations des COGES, elles sont fixées par l’assemblée des parents d’élèves de chaque école et sont de 3000 FCFA au maximum pour le primaire et 5000 FCFA au maximum pour le secondaire par an. Elles sont soumises à la validation préalable des Directeurs régionaux. Toutes fois les cotisations exceptionnelles dont le montant excède les taux pré-cités peuvent être décidées par l’assemblée des parents d’élèves, en fonction des nécessités de chaque école ou établissement. Je réaffirme qu’il n’y a eu aucune augmentation des frais d’inscription. Je rappelle aussi que les cotisations exceptionnelles sont décidées par les assemblées des parents d’élèves et ces contributions annuelles sont validées par la hiérarchie… J’ai relevé 18 IEP et une dizaine de directeurs d’écoles qui ont pris les frais d’inscriptions aux parents. Il y a un seul frais d’inscription. Les COGES ont la possibilité de lever les cotisations. Mes services sont sur le terrain et comme les autres années, nous n’hésiterons pas à prendre des sanctions contre les éventuels contrevenants ». On dirait un chant-roman, de Wêê-wêrê Liking, la fondatrice du Kiyi-M’Bock!

Mais en face, c’est à un mur qu’elle se heurte, celui de Fulgence Assi, SG de la Fesci : « La FESCI n’a posé aucun acte répréhensible. La FESCI campe sur sa position et demande l’annulation de tous les frais qui constituent pour nous un obstacle à la scolarisation d’un grand nombre d’élèves». Après une bastonnade digne d’une traque de microbes, la Fesci ne baisse donc pas la garde. Et comme dans un quiproquo à l’écho retentissant d’une guerre des plus épiques, la ministre a par ailleurs promis porter plainte contre le secrétaire général de la Fesci qui par la même occasion, appelle à un grand rassemblement, le lundi prochain.

Plusieurs constats pourraient découler de telles affirmations. Kandia Camara serait toujours une victime que des syndicalistes voudraient porter à l’échafaud, alors qu’elle serait transparente au niveau de son ministère, sur toute la ligne. Aujourd’hui encore elle fixe des frais à 6000 FCFA, et certaines personnes les outrepassent, et on lui en fait porter le chapeau, ouvrant la lucarne pour des manifestations de syndicats violents, comme la Fesci. C’est comme le cas de la grève des instituteurs concernant la suppression des cours de renforcement, et relativement à l’amélioration de leurs conditions de travail, et qui ne dépendaient pas d’elle…Encore que notre ministre, haut responsable, n’a jamais joué la carte de l’apaisement en prenant du recul pour mieux cerner les différents problèmes, elle a toujours joué la fermeté, et la menace. Mesmin Comoé du Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (MIDD) en sait quelque chose lui qui avait été affecté après une grève des instituteurs, avant qu’elle ne se ravise, ramenant ce débat aux calendes grecques, pour obtenir la paix des braves. Et pour cette énième fois, même tactique de ‘’looser’’. Elle menace de porter plainte contre Assi Fulgence alors qu’il n’en sera rien, et que son image ne fera que s’en effriter davantage. Si elle essayait au moins de comprendre ces revendications des étudiants en les approchant et et les parents d’élèves pour avoir la teneur de cette vaste colère, et jouait ainsi au moins à l’âne pour avoir le foin…

KONE YAO

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