Samedi 23 septembre au soir, c’est avec enthousiasme que je décide de rencontrer dame HOUWANOU Léocadie. Son nom et son métier avaient été évoqué par Kévin, un ami mien de nationalité béninoise vivant à Porto Novo, rencontré à Abidjan. En effet, j’avais sollicité Kévin pour qu’il me renseigne sur des activités artisanales de son pays. A la question de savoir s’il y’avait des pagnes tissés au pays de Béhanzin, Kévin répond par l’affirmative. Mieux, il connaissait une femme « tisserande » qui se trouvait à Adjohonn, un village situé à 45 minutes de la Capitale du Bénin. Il n’y avait pas une minute à perdre. Rencontrer cette femme exceptionnelle était un impératif. L’horloge affichait 22 heures. Mais, ce n’était en rien un frein. Avec Kévin et Chancelle, la fille de dame HOUWANOU, la tisserande, nous nous sommes mis en route pour le village d’Adjohonn. Aux environs de 23 heures, nous avons trouvé la tisserande aux doigts de fée sur son métier à tisser. Elle était à son poste. Quelle joie de voir cette femme inspirante et surtout prompte à partager son expérience, avec fierté et passion.

Au cours de notre échange, elle nous partage sa passion du métier. « C’est depuis 1998 que je fais ce travail, après trois (3) mois de formation auprès de l’une de mes petites (orpheline) que j’ai envoyée en formation. Il faut 2 à 3 ans pour maîtriser ce travail, moi je l’ai fait dans ce laps de temps parce que j’étais passionnée et je le suis toujours », relate-t-elle. Léocadie, faut-t-il le souligner, fait partie de cette frange de personne que la passion détourne à dessein. C’est donc sans regret que Léocadie confie avoir démissionné de son emploi pour se consacrer exclusivement à sa passion : le tissé DADA. Un type de tissé plus adapté aux femmes contrairement au tissé FOFO réservé, jusqu’ici aux hommes. Léocadie travaille généralement seule et se fait aider par ses enfants pendant les vacances scolaires. Ave ce qu’elle gagne, elle subvient largement aux charges de sa famille.

Vous trouverez ses créations sur tous les marchés du Bénin.

Ce fut une belle expérience en terre béninoise. Qui n’a pas manqué de susciter en nous interrogation : Pourquoi les femmes ivoiriennes n’ont-elles pas encore le droit de tisser des pagnes ?

Kolo Rachelle Danielle Kamara

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