Monsieur le Représentant du Ministre de la communication, de l’Economie Numérique et de la Poste, Porte Parole du Gouvernement,
Monsieur le Préfet de Yamoussoukro, Préfet de la Région du Bélier,

Monsieur le Gouverneur du District Autonome de Yamoussoukro,

Mesdames et messieurs les Elus,

Distingués Chefs Traditionnels et Religieux,

Mesdames et Messieurs les Présidents des autorités de régulation du secteur des médias ou leurs représentants,

Mesdames et messieurs les Directeurs Généraux, Centraux et Chefs de service,

Monsieur le Président de l’OLPED, Cher Ainé Zio Moussa,

Mesdames et messieurs les Présidents des Organisations Professionnelles du secteur des médias

Chères Consœurs, chers, confrères, chers amis et frères,

Mesdames et messieurs les invités, en vos rangs, grades et qualités

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi, à l’entame de mon propos, de remercier très sincèrement mon aîné, Zio Moussa, Président de l’OLPED et l’ensemble de ses collaborateurs, pour l’honneur qu’ils ont fait au SYNAPPCI, en l’invitant à ces importantes assises, et cerise sur le gâteau, l’occasion qu’il me donne de prendre la parole, devant cette auguste assemblée, au nom des militantes et des militants du SYNAPPCI.

Au nom de tous mes camarades, il m’est particulièrement agréable de vous adresser les chaleureuses et fraternelles salutations de notre organisation.

Mesdames et messieurs, chers consœurs et confrères, chers amis et chers frères,

Nous voici réunis à nouveau à Yamoussoukro, vingt deux ans après le séminaire historique des 22, 23 et 24 septembre 1995 qui a vu naître l’OLPED, après l’adoption par les professionnels de médias ivoiriens, trois ans plus tôt, le 22 septembre 1992, d’un code d’éthique et de déontologie du journaliste en Côte d’Ivoire, pour prendre part durant les trois prochains jours à un colloque et à un congrès de l’OLPED. Au cours de ces deux décennies, le moins que l’on puisse dire, c’est que beaucoup d’eau a coulé sous le pont de la presse ivoirienne. C’est pourquoi, avec votre permission, je voudrais saluer la mémoire de ceux des nôtres, artisans de nos luttes communes qui nous ont quitté.

Je voudrais surtout rendre un hommage appuyé à ceux des pionniers qui fort heureusement sont encore parmi nous.

Mesdames et messieurs, les assises du colloque et du congrès de l’OLPED s’ouvrent ce jour, hasard du calendrier oblige, au moment où notre secteur et notre pays attendent avec anxiété le débat sur les deux lois portant régime juridique de la presse écrite et de la communication audiovisuelle.

En effet, alors que les états généraux de la presse qui nous ont rassemblés ici même à Yamoussoukro, le 31 août et le 1er septembre 2012, les séminaires organisés par le ministère de la communication en 2013 et en 2016 à Grand-Bassam et auxquels nombre d’entre nous ont pris part, nous laissaient espérer des lendemains meilleurs pour notre secteur et pour le renforcement du processus démocratique dans notre pays, par la prise de loi fondamentalement progressistes, favorisant par conséquent le plein épanouissement du secteur des médias en Côte d’Ivoire, nous avons été désagréablement surpris, et c’est peu dire, que le gouvernement introduise quasi clandestinement au parlement deux projets de lois aux antipodes de notre aspiration légitime à une presse, libre, indépendante, autonome sur les plans moraux, matériels et financiers et par ricoché professionnelle et constructive.

Permettez-moi donc à ce stade de mon propos de saluer la réaction unanime, solidaire et déterminée de la quasi-totalité de notre corporation, qui a dénoncé avec la dernière énergie ces deux textes et contraint le gouvernement à le retirer du circuit de leur adoption définitive alors qu’ils avaient été adoptés en commission.

Mesdames et messieurs, chers consœurs et confrères, chers amis et frères. Au moment où nous sommes tous ici, le SYNAPPCI par ma voix voudrais réaffirmer une fois de plus, et le plus clairement du monde, son désaccord total et profond avec ces deux textes et demander avec gravité qu’un vrai débat national s’ouvre en vue de permettre à notre pays de doter le secteur des médias de textes qui nous sortent des sentiers battus.

Oui, chers aînés, chers amis, nous sommes contre ces deux textes pour plusieurs raisons dont deux nous paraissent fondamentales. Premièrement, ces deux textes restent marqués par l’esprit du parti unique et sont par conséquent en trop restrictive de la liberté de la presse. Deuxièmement ces textes manquent cruellement d’ambition pour notre secteur et notre pays. Ce qui fait qu’ils n’abordent pas les questions de fond que sont la formation, l’indépendance des médias de service public et des régulateurs, l’autonomie financière des entreprises de presse et des organisations professionnelles. Pour ce qui est par exemple de la presse écrite qui est aujourd’hui sinistrée, les questions cruciales de l’impression et de la distribution ne sont nullement abordées. La question du financement des médias sur fonds publics qui est un droit légitime et qui est aujourd’hui un impératif est survolée.

Bref, il nous faut de nouvelles lois, mais de bonnes lois. Il est donc plus qu’urgent pour nous, de demander, d’exiger avec force, et d’obtenir un grand forum national sur la presse dans toute sa composante pour qu’enfin nous ayons des textes qui nous permettent de trouver les vraies solutions à nos problèmes.

Dans cette optique nous avons rencontré avant-hier mardi avec certains camarades la commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée Nationale qui est d’accord pour s’associer à un tel débat avant de programmer les deux projets pour leur adoption par le parlement. Le SYNAPPCI, humblement, voudrais donc proposer au colloque et au congrès de prendre des résolutions claires en faveur de ce débat national qui devrait réunir autour d’une table, le gouvernement, le parlement, les acteurs des médias et la société civile, pour que partis de Yamoussoukro nous nous donnions les moyens de le rendre effectif. La survie de notre secteur et nos vies individuelles en dépendent.

Mesdames et messieurs les invités, chers consœurs et confrères,

Pour terminer et pour revenir au sujet qui nous réuni ce matin, c’est-à-dire le colloque et le congrès, vous avez bien compris, que ce débat national que demandons sera l’occasion idéale de réaffirmer notre attachement à l’autorégulation dont nos devanciers ont à juste titre, très tôt fait le choix, en créant l’OLPED. Parce qu’ils avaient très vite compris que si nous voulons éviter l’infantilisation des professionnels des médias, le tribunal des pairs reste la voie royale.

Malheureusement, depuis 1995, les actions conjuguées des prédateurs de nos libertés et nos propres renoncements et démission nous ont éloignés de cette voie. Le temps est venu de retrouver le chemin pour une presse ivoirienne, libre, indépendante, autonome, professionnelle, protectrice de nos libertés et de notre démocratie.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

Guillaume Gbato, Secrétaire Général du Syndicat National des Professionnels de la Presse de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI)

Commentaires Facebook