C’est un discours historique sur sa vision de la Côte d’Ivoire et des clivages politiques actuels en son sein que nous a récemment livré Ahoussou Kouadio Jeannot, le président du Sénat ; celui là-même qui répondait à l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme site à la saisine de l’ONG APDH concernant la CEI, en indiquant que son application relève d’une question d’opportunité. En voici quelques bribes : «…Comme je l’indiquais la semaine dernière à Tafiré, au moment où les démons de la division, des haines et rancœurs recuites, de la radicalisation du dialogue politique se manifestent à nouveau dans notre pays, je voudrais, que nous gardions à l’esprit les douloureuses et regrettables conséquences de la crise militaro politique qui a frappé notre pays, endeuillé nos concitoyens et plongé notre pays naguère havre de paix, dans l’abîme et le chaos. Je voudrais par conséquent, exhorter l’ensemble des ivoiriens à faire de la recherche de la paix, la promotion de la coexistence pacifique, l’amour du prochain notre objectif de vie. ..Il urge donc pour nous tous de faire notre autocritique pour ne pas tomber dans le manichéisme des extrêmes. Politisons-nous autrement pour pouvoir forger positivement l’opinion publique ivoirienne. Travaillons pour améliorer l’offre politique afin de regagner l’intérêt de nos concitoyens. C’est ici le lieu, pour moi, d’inviter l’ensemble de la classe politique ivoirienne et particulièrement les dirigeants des partis politiques qui se réclament de la philosophie politique du Président Félix Houphouët-Boigny au sursaut, à plus de patriotisme pour penser collectif et agir pour le pays. Ne laissons pas les militants de la 25ème heure détruire tant d’années de sacrifices, d’abnégation et de prières que nous avons consacré pour construire la paix et la réconciliation nationale.
Même si je respecte les positions de certains de mes frères du PDCI-RDA ou d’ailleurs qui appellent à la séparation en vue de l’établissement d’autres alliances, je suis déterminé et engagé à travailler pour sauver près de deux décennies de collaboration dont les fruits sont connus de tous les ivoiriens. Militant du PDCI-RDA et Houphouétiste convaincu dans l’âme, j’appelle à l’ouverture d’un dialogue franc et constructif entre tous les Houphouétistes pour surmonter ces moments de faiblesse qui ne nous honorent pas… Nous sommes tous et chacun à son niveau, débiteurs de paix vis-à-vis de la Côte d’Ivoire et vis-à-vis des jeunes générations. Travaillons à préserver notre cohésion et notre union si chèrement acquises. Cela est encore possible dans le cadre d’un dialogue constructif qui nous permettra de surmonter nos incompréhensions… Je voudrais pour paraphraser l’Ecclésiaste 3 dire que s’il y a eu un temps pour se lancer des pierres nous sommes maintenant dans le temps où il nous faut ramasser toutes les pierres que nous nous sommes lancées pour construire ensemble, notre beau pays la Côte d’Ivoire de demain.
Je voudrais enfin inviter, avec respect, nos parents, nos Rois et chefs traditionnels, nos guides religieux, nos leaders communautaires à ne pas se mettre à l’écart de cette initiative, mais plutôt à prendre leur bâton de pèlerin pour parcourir monts et vaux, villages et hameaux pour semer la bonne parole, celle qui vivifie, celle qui rassure, celle qui réconcilie afin que notre pays demeure debout, uni, paisible, prospère pour le bonheur de chacun et chacune de ses fils et filles. Aidez-nous à rester sur le boulevard du dialogue qui ouvre la porte de tous les possibles… »

Pas d’analyses, mais des questions à Ahoussou
Mr le président du Sénat, beaucoup d’Ivoiriens ont été subjugués à la lecture de ce discours et continuent encore de se poser sans cesse des questions que nous ne faisons fort de vous transmettre via cet article.
-Qui sont les militants de la 25è heure ?
-Seul le RHDP unifié avec tous ses partis à l’origine est capable de nous mener à la paix ?
– La Constitution ne prône t’elle pas la liberté de pensée, de conscience et de religion ?
– A part les deux guides éclairés Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié y compris les autres dirigeants actuels dont vous Ahoussou président du Sénat, la Côte d’Ivoire irait à vau-l’eau ?
-Le sens du pardon et de la réconciliation devrait venir des autres ou des tenants actuels du pouvoir réunis en RHDP unifié ?
-Est-ce ainsi qu’Houphouët-Boigny avait conduit sa politique qui a mené la Côte d’Ivoire à ce qu’on savait avant les moments de trouble ?
-Et enfin, les tenants actuels du pouvoir et tous ceux qui gravitent autour si tant est-il qu’ils soient si férus de paix, daigneraient-ils faire des concessions ultimes qui pourraient éventuellement leur faire perdre le pouvoir d’Etat en 2020 ?
Le débat est ouvert…

KONE YAO

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