En Côte d’Ivoire et depuis des lustres, la politique du ventre a le dos large. En effet, c’est très souvent que l’on accède au pouvoir à travers des chapelles politiques qui n’ont d’ossature que le régionalisme partisan saupoudre d’ethnicisme exacerbe. Hélas! Et le peuple ivoirien ne cesse de se faire hara-kiri à l’échafaud de politiciens sans vergogne politique sinon qu’appâtés par le gain facile. Car au social, point d’allusion dans les différents programmes de gouvernement respectifs. On se goinfre à la suite de nominations politiques là où le peuple croupit dans les miasmes morbides de la cherté de la vie et de la paupérisation galopante. Depuis 2010 trois chapelles politiques fortes se partagent l’échiquier politique national avec des philosophies autant sibyllines qu’absconses les unes, que les autres. Le FPI (Front populaire ivoirien) avec sa tendance Gbagbo ou rien (ndlr GOR) qui n’a pour seul slogan que le retour de son messie Gbagbo avant d’envisager un quelconque programme, et la deuxième facette qui dirigée par Affi N’guessan envisage, elle, un positionnement stratégique et des alliances qui lui permettront de compter plus tard dans ce pays. Le RDR (Rassemblement des républicains), quant à lui, auréolé d’une victoire au forceps aux élections de 2010, gouverne avec de grands chantiers qui avancent cahin-caha, et se préoccupe ces temps-ci davantage des stratégies à mettre en place pour perdurer plutôt que de penser au peuple qui attend toujours les promesses qui lui ont été faites. Enfin il y’a le PDCI (Parti démocratique de Cote d’Ivoire) qui avec à sa tête son inamovible sphinx de Daoukro qui continue de louvoyer plutôt que d’avoir des positions fermes et pragmatiques quant au peuple; il envisage plus la reconquête du pouvoir qu’on lui a volé à la faveur d’un coup d’Etat en 1999 et se dit seul parti pacifique capable de ramener la paix et la réconciliation dans le pays bien-sûr à la condition que ses cadres aient les morceaux les plus viandes. Mais à côté, il y’a des partis satellites et embryonnaires comme le MFA (Mouvement des forces d’avenir), l’UDPCI (Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire). Qui rament au flux et reflux des ressacs des vagues politiques et surtout, des postes à glaner au passage d’un soutien public au tenant du pouvoir. Fadaises, pitreries et persiflages que tout cela, comme si le peuple n’existait point!

Gnamien Konan et Mamadou Koulibaly, des prophètes de l’ancien testament!

Dans cette grisaille politique ivoirienne, deux hommes semblent des extra-terrestres du moins tant qu’ils n’ont pas encore accédé au pouvoir, le pouvoir corrompant et le pouvoir absolu corrompant absolument… Mais continuons. Car pour l’heure ils ont le bénéfice du doute! Gnamien Konan, lui, promet de « gérer le pays, comme s’il vouait un culte à Dieu ». En effet, son passé assez évocateur est là pour prêcher en sa faveur. Il s’est révélé à la tête des Douanes ivoiriennes avec un management qui venait rompre d’avec les méthodes surannées. Ensuite parachuté au ministère de la Fonction publique, il a permis la découverte de milliers de fonctionnaires fictifs dont les salaires allaient gonfler davantage les comptes de pontes de réseaux savamment orchestrés. Plus loin, il organise un recrutement d’informaticiens quasiment sans frais, et veut même supprimer des frais de concours, cette caisse noire, proposant un plan audacieux de recrutement des nombreux chômeurs. Quel illuminé, qu’on a fait de dégommer dare dare! Ayant atterri à l’Enseignement supérieur, il informatise le système d’orientation, voulant revoir toute la machine. Du balai! On pensait le réduire au silence tel un troglodyte quand il arrive à la tête du ministère de l’Habitat. Même méthode. Il a l’outrecuidance de remettre en cause l’aspect financier du vaste chantier lucratif de logements sociaux, pour ne garder que le côté social; en proposant le rachat par l’État de tous les projets de construction de logements sociaux en cours pour en faire bénéficier la population avec des paiements basés sur des revenus sûrs mais échelonnés et supportables. De tels technocrates, on n’en veut sûrement pas. Et tenant plus compte de sa situation politique que de ses idées, il sera prié d’aller expérimenter ses projets futuristes chez lui, à Botro. Chasse de sa famille politique, il a récemment rencontré son semblable, lui aussi, dégagé du FPI et leader à LIDER (liberté et démocratie pour la République), Mamadou Koulibaly. Cette « grande gueule » qui n’a jamais eu la langue de bois, décriant les agissements de partenaires et adversaires. Lui qui jadis au FPI, au firmament de la gloire de ce parti, s’insurgeait contre les pratiques des concours payants. Il recevra le coup de grâce lorsque Gbagbo, son protecteur, arrêté et transféré à Korhogo puis à la prison de Scheveningen, à La Haye, il n’a pu se garder de critiquer et s’opposer aux courants avant-gardistes dudit parti. A Lider donc et depuis des années, il essaie tant bien que mal de former son maigre auditoire, de participer à quelques actions citoyennes, de critiquer la gestion du pouvoir actuel à travers des tribunes comme les réseaux sociaux. Et s’attirer ainsi de la sympathie politique mais bien maigres pour remporter ne serait-ce qu’une élection législative. Un leader et quelqu’un qui veut bâtir une nouvelle Côte d’Ivoire, dans un océan gangrené de politiciens nombrilistes et de populations politiquement incultes, ça donnerait quoi d’après vous, en 2020?

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