La Côte d’Ivoire politique et les partenaires au développement suivront avec attention le Congres Ordinaire du Rassemblement Des Républicains (RDR), parti au pouvoir depuis 2010/2011 avec le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, qui en est le Président.

Le congrès d’un parti au pouvoir dans un pays depuis 7 ans, est forcement un événement qui retiendra toutes les attentions, en Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest comme bien au-delà de par le monde.

Mais, dans tous les milieux de la politique, de la diplomatie et des médias, l’on sait bien que tout congrès se tient d’abord et vraiment lors des rencontres préliminaires ou préparatoires, et que c’est la voix  de la base, des militants donc, qui impose le thème de l’événement, véritable concentré de toutes les préoccupations du peuple du parti; les leaders n’y ajoutent que les grands défis ou ambitions qui sont leur griffe personnelle.

C’est dire donc que les rencontres entre les responsables du RDR et leurs militants se doivent d’être suivis par tous ceux qui ont un regard sur la vie politique Ivoirienne.

Et l’une de ces rencontres, celle du mardi 15 Août 2017, tenue à la Mairie d’Adjamé, s’est révélée riche et porteuse en enseignements, si l’on s’en tient au compte rendu qu’en a livré la presse;

Tout d’abord, le Secrétaire Départemental du RDR d’Adjamé a donné une évaluation très concise de l’action du Président Ouattara telle que perçue et sentie par les militants du RDR qui sont  tous, désormais, habités d’une tristesse sans bornes.

A titre d’illustration, au seul chapitre de l’emploi, le diagnostic est aussi net que sans appel :

─ Aucune promotion des cadres,

─ Aucune politique d’insertion des jeunes diplômés,

─ Aucune perspective d’emplois pour les enfants sortis des universités et grandes écoles,

─ Aucune vision pour accompagner les initiatives privées visant à créer des emplois, là où l’Etat n’a pas donné de réponses; en d’autres termes, là ou l’Etat a été défaillant.

Ce leader d’opinion et opérateur économique très populaire à Adjamé et en Côte d’Ivoire, mérite de toute la Côte d’Ivoire une ‘’standing ovation’’ pour la pertinence de son propos, son courage et l’exemple de prise d’expression démocratique qu’il a posé.

Nous espérons qu’il fera des émules, et que les discours et travaux en commission, au congrès du RDR, prendront son adresse en compte.

Ensuite, le temps fort de la rencontre fut la prise de parole de l’orateur principal, l’une des figures les plus brillantes des cercles syndicaux, universitaires et politiques de notre pays.

Comme à l’accoutumée, il a su longuement tenir l’auditoire en haleine et l’on pourrait même dire qu’il s’est surpassé.

Lui également mériterait d’être félicité s’il n’y avait, eu, hélas, un épisode gênant et dérangeant, pour l’auditoire et pour l’ensemble des Ivoiriens.

Ce tribun hors pair a réussi, par le verbe, à projeter une séquence de téléréalité où l’on assiste à un banquet pantagruélique avec un maître de céans aussi affamé et boulimique que son invité, un partenaire insatiable qu’il a soin de tenir à l’œil.

Et à raison, puisque ce dernier, au plus profond des délices, lui demande de renverser les rôles, pour être désormais le maître de maison à sa place.

Et de soumettre à l’auditoire, chauffé à blanc, la grande question pour la seule réponse qui se doit

Il a, certes, arraché à l’auditoire un cri collectif de refus indigné, et a réalisé un sans faute.

Mais peut être aurait il dû se dire, après coup, que tous ses auditeurs allaient forcement faire le parallèle entre sa brillante projection et le discours du délégué, l’un présentant un tableau de misère et de famine, et l’autre un tableau digne de « la grande bouffe », un chef d’œuvre du cinéma mondial.

Les deux orateurs sont ils dans la même Cote d’Ivoire, et se trouvaient ils dans le même meeting ?

L’un d’eux a parlé des souffrances des Ivoiriens.

Il pose le problème fondamental du succès ou de l’échec de l’actuel Chef de l’Etat, par rapport à son programme de gouvernement et aux très grandes espérances qu’il avait su allumer dans le cœur de nombreux Ivoiriens.

Ce n’est pas le militant RDR seul qui est aujourd’hui déçu, amer et frustré, mais c’est la totalité des Ivoiriens, tous ceux qui partagent la même cour commune et les mêmes gbakas que lui.

Et ceux là, n’ont aucune réponse satisfaisante à espérer ou attendre du congrès du RDR.

On ne cherchera pas réellement à s’interroger sur le phénomène de l’économie Ivoirienne qui affiche de bons taux de croissance du PIB, mais qui ne génère aucun emploi pour ses diplômés et millions d’autres jeunes sans emploi.

Une économie, encore, dont le secteur privé national est étouffé et n’arrive pas à être organisé ou encadré pour prendre le relais et jouer sa partition.

Et ce même gouvernement n’a pas encore compris que ce n’est pas en allant jusqu’à charger trois Ministres de résoudre le problème de l’inactivité massive de la jeunesse que les emplois vont jaillir comme par génération spontanée !

Voici ce que non seulement le RDR d’Adjamé, mais tous les Ivoiriens attendent de voir traiter en priorité à ce congrès du RDR, parti au pouvoir depuis 7 ans.

Les Jeux Olympiques à l’Ivoirienne de 2020, avec des épreuves de distraction et d’enfumage ouvertes trois à quatre années à l’avance, les laissent indifférents.

Pour terminer, il convient de rappeler à tous ceux qui communiquent publiquement que la Côte d’Ivoire est une République où tous les citoyens se valent et ont droit au même traitement de la part de l’Etat.

L’on ne saurait instituer un ‘’rattrapage à coloration ethno-politique ‘’, qui justifierait que les militants du parti au pouvoir passent avant ceux des autres partis ou le reste de la population.

Entendre des propos de cette tonalité de la part de leaders politiques dérange et peut perturber.

Nous avons quand même connu notre Côte d’Ivoire commune à un autre niveau !

Que le Tout Puissant la bénisse !

Abidjan le 24 Août 2017

Le Président du MFA

Kobena I-Anaky

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