Le « CFA », utilisé par 15 pays francophones d’Afrique de l’ouest et du centre (155 millions d’habitants), est lié à l’euro par un système de parité fixe. Pour garantir cette parité, les États africains doivent déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français. La zone Franc comprend 14 pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad). Le quinzième membre est l’archipel des Comores. Tel est l’historique que nous fait jeuneafrique.com, sur cette zone. «Ce n’est pas un sujet que j’aborde car c’est un sujet qui appartient aux Africains. Le Franc malgré son nom est la monnaie de Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, il a disparu en Europe. Sur toutes ces questions-là, c’est aux Africains de se prononcer et ce n’est pas à nous de le faire à leur place. Il y a un rôle institutionnel bien connu: nous sommes un élément de garantie de la monnaie mais pour le reste le rôle est avant tout d’écouter, de faciliter et d’appuyer lorsqu’il le faut. La France est là en amie pour soutenir, aider des pays qui sont puissants, ont beaucoup d’avenir, mais qui doivent faire face à un certain nombre de difficultés», a affirmé le ministre de l’Economie et des Finances de France Michel Sapin, le 14 avril. Ça, c’était avant la réunion des ministres des Finances de la zone CFA à Abidjan, le 15 avril dernier. Au sortir de là, un article pris sur le site Abidjan.net nous rappelle que «selon le communiqué final, face à que la hausse du niveau d’endettement et aux chocs exogènes que des Etats rencontrent, les participants ont exprimé leur volonté à réduire les déséquilibres budgétaires afin de garantir le bon fonctionnement des unions monétaires et de préserver la l’élan de développement. Ils ont par ailleurs, souligné la nécessité de poursuivre la mise en œuvre des mesures permettant de renforcer cette intégration régionale, facteur de résilience et de solidarité des Etats de la Zone Franc face aux chocs exogènes négatifs. S’agissant du recours aux marchés financiers internationaux, les participants se sont accordés sur une approche globale de leurs stratégies en se fixant plusieurs principes. Il s’agit de la préservation d’une trajectoire soutenable d’endettement, la transparence dans le cadre des analyses de viabilité de la dette, le dialogue régulier avec les créanciers souverains et les institutions financières internationales, l’équilibre du recours aux différents types d’instruments de dette, le renforcement des capacités de gestion des émissions obligataires, et enfin le caractère régulier du partage d’expérience notamment lors des réunions semestrielles des ministres de la Zone Franc.»

L’ «esclavage » vaut-il mieux que l’inconnu?
Beaucoup d’intellectuels ont tiré la sonnette d’alarme depuis très longtemps maintenant, sur l’arrimage du Franc CFA à l’ex-Franc français et désormais à l’Euro, indiquant que c’est un suicide collectif de ces pays qui stagnent. Et c’est une thèse soutenue par l’enseignant et économiste ivoirien Nicolas Agbohou qui écrivait il y’a de cela quelques années, que «Le FCFA et l’Euro (sont) contre l’Afrique.» Il indiquait lors d’une série de conférences en avril 2014 au Cameroun entre autres, que «La zone franc CFA a quatre principes de fonctionnement : 1-La centralisation des réserves de changes qu’on appelle le compte d’opérations. 2-Le principe de la libre convertibilité des francs CFA en francs français hier et aujourd’hui en Euros. 3- Le principe de la fixité des parités. 4- Le principe de la libre transférabilité des capitaux de la zone franc CFA vers la France. En ce qui est du compte d’opérations, disons qu’il est d’inspiration nazi. Il a été appliqué à la France par les nazis et après la Libération, le général De Gaulle a décidé de l’appliquer aux Africains depuis 1945. Conformément aux accords monétaires entre la France et l’Afrique, le principe de la centralité des réserves des changes fonctionne de la manière suivante les Africains doivent déposer, et ils le déposent effectivement, l’intégralité de leurs recettes d’exportation dans des comptes ouverts à la banque centrale de France. De 1945 à 1973, quand les Africains exportaient par exemple les matières premières pour 100 milliards de dollars, ils déposaient tous les 100 milliards de dollars dans le Trésor français. De 1973 jusqu’en 2005, s’ils exportaient pour 100 milliards de dollars, les Africains étaient obligés de déposer 65 milliards au Trésor français dans le fameux compte d’opérations. Depuis le 20 septembre 2005 jusqu’à la seconde où nous parlons (2014), on est passé à 50%. Ce qui veut dire que si les Africains exportent à hauteur de 100 milliards de dollars ou d’Euros, de Yuans, etc. ils sont tenus de déposer 50 milliards en France. S’en suivent plusieurs conséquences majeures: {{Première conséquence majeure}}. Puisque le compte d’opérations est d’origine nazie, la France s’en est servie et s’en sert encore pour s’approvisionner gratuitement en matières premières africaines. C’est-à-dire que la France dit aux Africains d’exporter les matières premières dont elle a besoin pour 100 millions d’euros par exemple. Lorsque les Africains ont exporté, au lieu de les payer, la France prend son stylo et écrit un signe PLUS dans le compte. Elle ne débourse aucune devise. Or si ce sont les Nigérians ou les Ghanéens qui exportent, la France est obligée de sortir 100 millions d’euros des coffres forts pour les payer. Ce qui revient à dire que le jour où les Africains vont se débarrasser du franc CFA, la France sera obligée de débourser de l’argent pour payer directement et immédiatement l’intégralité de la facture des exportations.{{Deuxième conséquence majeure.}} Puisque les Africains déposent des devises en France, celle-ci s’en sert pour combler son déficit budgétaire ou pour amortir, c’est-à-dire payer sa dette.{{Troisième conséquence majeure.}} En contrôlant leurs devises, la France met les dirigeants africains au pas. Si un dirigeant de la zone CFA n’obéit plus aux ordres de la France, Paris bloque ses réserves de devises et mieux, il ferme les banques dans ce pays devenu « rebelle ». C’est ce que nous avons vu tout récemment en Côte-d’Ivoire avec Laurent Gbagbo. Et quand les banques sont fermées, aucun ménage, aucun chef d’entreprise ne peut sortir de l’argent pour nourrir sa famille ou payer les employés. En un mot, en fermant les banques, la France organise le chaos socio-économique. Et toute la population se rebelle contre le dirigeant. C’est ce qui s’est passé avec Gbagbo. Ne pouvant plus prendre des devises à la France, il a décidé de créer la monnaie ivoirienne et à partir de là la décision a été prise pour le bombarder. Gbagbo n’est pas le premier et ne sera malheureusement pas le dernier. Avant lui, il y a eu Sylvanus Olympio du Togo dont la monnaie devrait être mise en circulation le 15 décembre 1963. Deux jours avant, exactement le 13 janvier 1963, il a été froidement assassiné. Donc ces trois conséquences majeures ou plutôt ces trois avantages pour la France à savoir l’approvisionnement gratuit en matières premières africaines, l’utilisation des devises africaines pour son propre développement, une arme de mise au pas des dirigeants africains, constituent un puissant instrument utilisé par la France pour bloquer l’industrialisation de l’Afrique.» Dans la même veine Mamadou Koulibaly l’ancien ministre de l’Economie et des Finances de Côte d’Ivoire et ancien président de l’Assemblée nationale de ce pays, affirmait sur le thème «Sortir du franc CFA et créer une nouvelle monnaie: principes et conditions », que sortir du Franc CFA n’est pas une option pour les chefs d’Etat africains, mais une nécessité vitale, logique et historique. Il ajoute même que «Ce ne sont pas les Français qui sont le problème, c’est nous-mêmes. Pour réussir la sortie, il faut laisser la haine contre la France. Il ne faut pas avoir peur du changement. Il faut plutôt sensibiliser les populations et les partis politiques et rompre avec le nationalisme étriqué ».

En attendant, on vit!
Avant que n’intervienne un changement et que la thèse de l’une ou de l’autre partie ne prenne définitivement le dessus, les africains avec leurs chefs d’Etat, survivent au quotidien. Ils préfèrent l’ici et maintenant, que l’ailleurs et l’illusion. Est-ce que des économies aussi fragiles peuvent immédiatement se réorganiser pour bouter hors de leurs échanges le FCFA même s’ils savent qu’en y sortant et avec un peu d’organisation et une période de traversée du désert, ils pourraient être plus forts ? Mais comme on le dit en Côte d’Ivoire, on préfère trouver sa pitance quotidienne que s’échiner à trouver des solutions à ce chiendent!

K.K

Le « CFA », utilisé par 15 pays francophones d’Afrique de l’ouest et du centre (155 millions d’habitants), est lié à l’euro par un système de parité fixe. Pour garantir cette parité, les États africains doivent déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français. La zone Franc comprend 14 pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad). Le quinzième membre est l’archipel des Comores. Tel est l’historique que nous fait jeuneafrique.com, sur cette zone. «Ce n’est pas un sujet que j’aborde car c’est un sujet qui appartient aux Africains. Le Franc malgré son nom est la monnaie de Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, il a disparu en Europe. Sur toutes ces questions-là, c’est aux Africains de se prononcer et ce n’est pas à nous de le faire à leur place. Il y a un rôle institutionnel bien connu: nous sommes un élément de garantie de la monnaie mais pour le reste le rôle est avant tout d’écouter, de faciliter et d’appuyer lorsqu’il le faut. La France est là en amie pour soutenir, aider des pays qui sont puissants, ont beaucoup d’avenir, mais qui doivent faire face à un certain nombre de difficultés», a affirmé le ministre de l’Economie et des Finances de France Michel Sapin, le 14 avril. Ça, c’était avant la réunion des ministres des Finances de la zone CFA à Abidjan, le 15 avril dernier. Au sortir de là, un article pris sur le site Abidjan.net nous rappelle que «selon le communiqué final, face à que la hausse du niveau d’endettement et aux chocs exogènes que des Etats rencontrent, les participants ont exprimé leur volonté à réduire les déséquilibres budgétaires afin de garantir le bon fonctionnement des unions monétaires et de préserver la l’élan de développement. Ils ont par ailleurs, souligné la nécessité de poursuivre la mise en œuvre des mesures permettant de renforcer cette intégration régionale, facteur de résilience et de solidarité des Etats de la Zone Franc face aux chocs exogènes négatifs. S’agissant du recours aux marchés financiers internationaux, les participants se sont accordés sur une approche globale de leurs stratégies en se fixant plusieurs principes. Il s’agit de la préservation d’une trajectoire soutenable d’endettement, la transparence dans le cadre des analyses de viabilité de la dette, le dialogue régulier avec les créanciers souverains et les institutions financières internationales, l’équilibre du recours aux différents types d’instruments de dette, le renforcement des capacités de gestion des émissions obligataires, et enfin le caractère régulier du partage d’expérience notamment lors des réunions semestrielles des ministres de la Zone Franc.»

L’ «esclavage » vaut-il mieux que l’inconnu?
Beaucoup d’intellectuels ont tiré la sonnette d’alarme depuis très longtemps maintenant, sur l’arrimage du Franc CFA à l’ex-Franc français et désormais à l’Euro, indiquant que c’est un suicide collectif de ces pays qui stagnent. Et c’est une thèse soutenue par l’enseignant et économiste ivoirien Nicolas Agbohou qui écrivait il y’a de cela quelques années, que «Le FCFA et l’Euro (sont) contre l’Afrique.» Il indiquait lors d’une série de conférences en avril 2014 au Cameroun entre autres, que «La zone franc CFA a quatre principes de fonctionnement : 1-La centralisation des réserves de changes qu’on appelle le compte d’opérations. 2-Le principe de la libre convertibilité des francs CFA en francs français hier et aujourd’hui en Euros. 3- Le principe de la fixité des parités. 4- Le principe de la libre transférabilité des capitaux de la zone franc CFA vers la France. En ce qui est du compte d’opérations, disons qu’il est d’inspiration nazi. Il a été appliqué à la France par les nazis et après la Libération, le général De Gaulle a décidé de l’appliquer aux Africains depuis 1945. Conformément aux accords monétaires entre la France et l’Afrique, le principe de la centralité des réserves des changes fonctionne de la manière suivante les Africains doivent déposer, et ils le déposent effectivement, l’intégralité de leurs recettes d’exportation dans des comptes ouverts à la banque centrale de France. De 1945 à 1973, quand les Africains exportaient par exemple les matières premières pour 100 milliards de dollars, ils déposaient tous les 100 milliards de dollars dans le Trésor français. De 1973 jusqu’en 2005, s’ils exportaient pour 100 milliards de dollars, les Africains étaient obligés de déposer 65 milliards au Trésor français dans le fameux compte d’opérations. Depuis le 20 septembre 2005 jusqu’à la seconde où nous parlons (2014), on est passé à 50%. Ce qui veut dire que si les Africains exportent à hauteur de 100 milliards de dollars ou d’Euros, de Yuans, etc. ils sont tenus de déposer 50 milliards en France. S’en suivent plusieurs conséquences majeures: {{Première conséquence majeure}}. Puisque le compte d’opérations est d’origine nazie, la France s’en est servie et s’en sert encore pour s’approvisionner gratuitement en matières premières africaines. C’est-à-dire que la France dit aux Africains d’exporter les matières premières dont elle a besoin pour 100 millions d’euros par exemple. Lorsque les Africains ont exporté, au lieu de les payer, la France prend son stylo et écrit un signe PLUS dans le compte. Elle ne débourse aucune devise. Or si ce sont les Nigérians ou les Ghanéens qui exportent, la France est obligée de sortir 100 millions d’euros des coffres forts pour les payer. Ce qui revient à dire que le jour où les Africains vont se débarrasser du franc CFA, la France sera obligée de débourser de l’argent pour payer directement et immédiatement l’intégralité de la facture des exportations.{{Deuxième conséquence majeure.}} Puisque les Africains déposent des devises en France, celle-ci s’en sert pour combler son déficit budgétaire ou pour amortir, c’est-à-dire payer sa dette.{{Troisième conséquence majeure.}} En contrôlant leurs devises, la France met les dirigeants africains au pas. Si un dirigeant de la zone CFA n’obéit plus aux ordres de la France, Paris bloque ses réserves de devises et mieux, il ferme les banques dans ce pays devenu « rebelle ». C’est ce que nous avons vu tout récemment en Côte-d’Ivoire avec Laurent Gbagbo. Et quand les banques sont fermées, aucun ménage, aucun chef d’entreprise ne peut sortir de l’argent pour nourrir sa famille ou payer les employés. En un mot, en fermant les banques, la France organise le chaos socio-économique. Et toute la population se rebelle contre le dirigeant. C’est ce qui s’est passé avec Gbagbo. Ne pouvant plus prendre des devises à la France, il a décidé de créer la monnaie ivoirienne et à partir de là la décision a été prise pour le bombarder. Gbagbo n’est pas le premier et ne sera malheureusement pas le dernier. Avant lui, il y a eu Sylvanus Olympio du Togo dont la monnaie devrait être mise en circulation le 15 décembre 1963. Deux jours avant, exactement le 13 janvier 1963, il a été froidement assassiné. Donc ces trois conséquences majeures ou plutôt ces trois avantages pour la France à savoir l’approvisionnement gratuit en matières premières africaines, l’utilisation des devises africaines pour son propre développement, une arme de mise au pas des dirigeants africains, constituent un puissant instrument utilisé par la France pour bloquer l’industrialisation de l’Afrique.» Dans la même veine Mamadou Koulibaly l’ancien ministre de l’Economie et des Finances de Côte d’Ivoire et ancien président de l’Assemblée nationale de ce pays, affirmait sur le thème «Sortir du franc CFA et créer une nouvelle monnaie: principes et conditions », que sortir du Franc CFA n’est pas une option pour les chefs d’Etat africains, mais une nécessité vitale, logique et historique. Il ajoute même que «Ce ne sont pas les Français qui sont le problème, c’est nous-mêmes. Pour réussir la sortie, il faut laisser la haine contre la France. Il ne faut pas avoir peur du changement. Il faut plutôt sensibiliser les populations et les partis politiques et rompre avec le nationalisme étriqué ».

En attendant, on vit!
Avant que n’intervienne un changement et que la thèse de l’une ou de l’autre partie ne prenne définitivement le dessus, les africains avec leurs chefs d’Etat, survivent au quotidien. Ils préfèrent l’ici et maintenant, que l’ailleurs et l’illusion. Est-ce que des économies aussi fragiles peuvent immédiatement se réorganiser pour bouter hors de leurs échanges le FCFA même s’ils savent qu’en y sortant et avec un peu d’organisation et une période de traversée du désert, ils pourraient être plus forts ? Mais comme on le dit en Côte d’Ivoire, on préfère trouver sa pitance quotidienne que s’échiner à trouver des solutions à ce chiendent!

K.K

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