Aujourd’hui à Abidjan Cocody qui demeure l’une des  destinations les plus prisées des populations avec ses quartiers chics tels que les Vallons, la Riviera Palmeraie ou Angré, abrite également un tout nouveau quartier encore méconnu, mais en pleine croissance. Il s’agit de Faya, là où nous vous conduisons, à travers ces lignes.

 

Description générale de «Faya»

Samedi 27 janvier 2018, notre horloge affiche 5h30 déjà. Nous sommes au grand carrefour de «Faya», l’un des quartiers de la commune de Cocody, sur la route de la ville de Bingerville. Les camions de ramassage d’ordures sont déjà en pleine activité. En file indienne, ils sont en partance pour la décharge située au quartier «d’Akouédo», à quelques km de «Faya». C’est l’une des plus grandes décharges d’ordures du pays. Les commerçantes sont également sur pied. Elles installent leurs marchandises, qui sont pour certaines, «du pain avec des condiments» comme on aime le dire dans notre jargon ivoirien, pour désigner le pain fourré d’aliments tels que des œufs, de la pomme de terre et autres. Et pour d’autres, ce sont des galettes cuites à l’huile, accompagnées de bouillie de mil ou de maïs, ou encore du jus. On retrouve également divers autres articles qui font office de petit-déjeuner. De quoi satisfaire les populations. Nous observons d’ailleurs certains habitants des lieux qui reviennent de la boulangerie avec des mains chargées de pains. Les klaxons des voitures nous offrent un concert pas très réjouissant. 5h50 déjà, de petits bouchons commencent à se faire sentir. Les automobilistes semblent pressés de partir, comme s’ils redoutaient quelque chose. «Ici, si tu ne sors pas vite de ta maison, et ne passe pas rapidement le carrefour, alors tu es bien parti pour arriver en retard au travail! On gagne plus de temps sur les autres quand on se dépêche de sortir, parce que devant encore, la circulation se dégrade très souvent», nous explique M. Tanoh Félix, riverain du quartier «Faya». Une vraie course au temps, car impossible de circuler normalement à partir de 6h30 en période d’école. A cette heure, toute la zone est en effervescence. Tout le monde s’active. La seule gare «d’Abatta», un quartier lagunaire à une dizaine de km de «Faya», grouille déjà de monde. Celle des communes du Plateau, de Marcory et de Treichville refuse du monde également.

 

Une architecture captivante
Nous observons de nombreux immeubles sur tout le long de la voie qui mène au quartier «d’Akouédo». Tous sont habités. La majorité de ces immeubles présentent une fière allure, signe qu’ils existent depuis peu de temps. Nous voyons aussi de nombreux bâtiments en construction, qui portent déjà des pancartes telles que «maison à louer» pour dire simplement qu’il y’a encore des appartements qui cherchent des locataires. Des magasins encore neufs de vêtements, chaussures et accessoires s’étalent sur tout le long. Des espaces de restaurations et buvettes sont fortement représentés dans ce secteur. De multiples salons de coiffures, ainsi que des lavages auto, et de nombreuses petites agences se partagent le terrain. Le grand marché, construit i y’a 2 ans à peine, ne peut plus contenir de marchands. Tous les espaces sont occupés. Les moins chanceux se contentent d’installer leurs tables aux alentours, pourvu qu’ils aient pignon sur rue. Avant sa construction, les populations étaient obligées de se rendre à Bingerville ou encore plus loin pour faire leurs emplettes. «C’était vraiment compliqué quand-il n’y avait pas de marché. Ça a été un gros soulagement, parce que Faya devient un gros quartier et il était temps qu’on ait notre marché», déclare Marie-Chantal, habitante du quartier. Un autre constat, de nombreux supermarchés et des superettes se luttent l’espace. Des fastfoods tout comme des boulangeries, on en trouve en abondance à «Faya». «Ici, nos affaires marchent bien! Nous avons l’avantage d’être installés dans un jeune quartier situé en bordure de route, et qui en plus est un grand carrefour. Nous faisons de bonnes recettes.» Se réjouit le propriétaire de l’une des boulangeries du quartier.Ce quartier bien que jeune, comptabilise déjà un hôpital «Le bon Samaritain», et plus de 2 pharmacies.

 

 »Génie 2000 », une cité hors du commun
La voie du côté du camp militaire qu’on appelle communément «nouveau camp», nous présente un tout autre horizon. Un cadre moins bouillant que le précédent : une cité du nom de ‘’Génie 2000’’. D’ailleurs, la seule de ce quartier. Ici, c’est un décor plus qu’admiratif qui s’offre à nous. Félicien, gardien au portail de cette cité, nous signifie que l’histoire d’urbanisation de ce quartier a commencé à partir de ‘’Génie 2000’’. En effet, ‘’Génie 2000’’ qui était un projet lancé dans les années 87 environ, était à la base une cité destinée aux ingénieurs des travaux publics. Mais après son achèvement dans les années 93, le constat fut tout autre. Les portes de la cité furent ouvertes au public. Elle commence donc à être habitée à partir de 1995. Jusqu’à cette période, on ne pouvait qu’observer une vaste étendue de broussailles dans tout le reste du secteur. Aucune autre construction. Après avoir été élu meilleur quartier résidentiel en 2004, elle reçoit en 2015 le prix d’excellence de la cité la plus propre de la commune de Cocody, des mains du Président de la République. Tous ces titres, la cité la doit à l’organisation rigoureuse de ses différents Présidents qui se sont succédé. Chaque résident est tenu de verser 5000 FCFA chaque fin du mois (soit 60000FCFA par année), pour l’entretien du cadre de vie, l’entretien de l’école primaire en son sein, le salaire des gardiens, et celui des balayeuses et jardiniers. Nous le constatons nous-mêmes. Aucune ordure dans les rues. À chaque mètre se trouve une benne à ordure. Nous comptabilisons 5 jardins publics très accueillants au sein de ladite cité, avec des pelouses biens tondues, des sièges en bétons, un espace de jeu pour enfants, un espace de foot, et un terrain de basket. La cité en plus d’abriter une école primaire, a en son sein un dispensaire, Quelques 2 à 3 boutiques qui sont interdites d’utiliser des sachets plastiques, des ateliers de couture, des magasins de vêtements et accessoires, une pâtisserie, un cyber café, ainsi que des salons de coiffure. «Le niveau de vie est élevé dans cette cité, mais je ne regrette pas de m’y être installée. Même si au début c’était la seule construction du quartier, je savais qu’un jour la ville allait venir nous trouver ici. Et vous voyez, je ne me suis pas trompée. Tous les jours les gens viennent, et même Playce Carrefour le super marché, est venu me trouver», nous raconte Mme Christine. Ce n’est donc qu’à partir de 2000 que Faya a commencé à être habitée, grâce à cette cité. Ses vastes terrains à perte de vue recouverts d’herbes, se sont au fur et à mesure éclipsés pour laisser place à des maisons, qui, sans cessent attirent du monde de toutes les communes et régions du pays. Aujourd’hui, ce grand carrefour ne laisse plus personne indifférent. On pourrait même dire qu’il oblige tous les passants à s’y arrêter, et établir demeure. Il se présente comme un bijou à cette période où trouver encore un terrain à Abidjan semble chose impossible. Des étages, des duplex, des triplex, des maisons basses, toutes sortes de modèles, au grand plaisir des populations. Des écoles ont vu le jour, des agences, ainsi que des complexes hôteliers. 7h30, l’embouteillage est déjà à son comble au grand carrefour. Difficile de trouver le passage. Ce centre du quartier grouille de monde. La bonne odeur du poisson Thon grillé parvient à nos narines. C’est en salivant que nous nous éclipsions.

 

AUDE ADANGBA

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