Depuis plus de deux décennies, notre pays, la Côte d’Ivoire connaît une succession de crises et de violences politiques.
A bien regarder au fond depuis 1990, ces nombreux conflits pourraient avoir (aussi) une origine d’ordre psychologique et peuvent se comprendre dans la psychanalyse.
Notre société et principalement la classe politique souffre d’ANGOISSE D’INANITION, la grande crainte de manquer de biens de consommation.
On a comme le sentiment que depuis 1993, chaque « leader et ses adjudants » luttent pour conserver les privilèges étatiques et d’autres se battent pour pouvoir en jouir autant. Chacun cherche son tour.
Ainsi, la plupart des tensions et le recours à la violence tirent leur source dans la PEUR du lendemain et de l’avenir.
Les marchés publics, les rentes, les honneurs, les privilèges, les exceptions, le magot, les monopoles, les cartels… tous en veulent et personne ne veut perdre ça. (Qui est fou?)
Comme hier et depuis pratiquement tout temps, ça rafle les marchés publics, ça brassent des millions, ça jouit de la République.
On s’enrichit du jour au lendemain et souvent pour certains avec pour seul mérite d’être des laudateurs, d’avoir été des partisans griotiques patentés, des « généraux de la rue », des défenseurs de tout et de rien.
On a une peur rouge des incertitudes et de l’alternance (le changement).
Qu’est ce qu’on va devenir si jamais on perd le pouvoir ?
Que va faire l’autre si jamais il venait à prendre le pouvoir ?
La peur s’installe ! L’inquiétude est grande !
Certains envisagent déjà la route de l’exil.
En réalité, dans une démocratie, cette peur n’a pas sa raison d’être. Mais les gens n’ont pas appris à VIVRE ENSEMBLE avec les autres à cause de la haine, le mépris, l’arrogance…
On veut compenser le manque de confiance en soi et dans les autres par la DÉFIANCE et l’AGRESSIVITÉ.
Le verbe devient haut. Le ton devient grave. La voix est désormais amère. Et l’inélégance langagière s’installe.
La peur des procès, la crainte des audits financiers, la peur de la prison,…. La peur de manquer de moyens… Surtout que certains ont vécu et d’autres vivent aujourd’hui au-dessus des ressources légales. Le train de vie est devenu énorme.
Plus les échéances électorales approchent, plus la peur grandit et l’angoisse d’inanition s’accroît.
Les conséquences ?
– La déresponsabilisation (plus personnes n’est responsable de rien. C’est toujours la faute aux autres),
– La culpabilisation (rendre les autres auteurs de nos problèmes),
– La victimisation (on se rend victimes, pas aimés et attaqués de tous).
Et on devient agressif et se cherche protection dans la fibre « ethnique » et le tribalisme.
Cela ne date pas d’aujourd’hui. Mais depuis au moins 1993!
Tous ceux qui crient au complot, à l’ingratitude, à l’injustice… Sont-ils plus préoccupés par le peuple ou veulent ils juste se trouver une « bouée de sauvetage » pour se mettre à l’abri du besoin et des menaces ?
Notre société est angoissée ! Quel drame !
Comment s’en sortir?
Steven Browning Sample, Ancien président de l’Université de la Californie du Sud propose:
« Ce dont le pays a besoin, c’est d’un vrai Leader, d’un Homme vraiment INTÈGRE et VISIONNAIRE capable de nous rassembler et de nous remettre dans le droit chemin »

Magloire N’Dehi

Commentaires Facebook