L’Africain a bien souvent tendance à avoir peur de l’avenir. Au lieu de travailler pour s’élever à la dignité, comme les japonais ou les vietnamiens, il préfère trouver presque toujours des boucs émissaires à son retard. Et pendant qu’il évoque toujours des événements surannés comme la traite négrière pour expliquer ce retard, ses propres frères s’entre-tuent à coup de hache et s’enterrent vivant pour un morceau de territoire. Pendant qu’il crie famine, il continue à faire une ribambelle d’enfants qu’il abandonne à l’errance et à la délinquance, faute de pouvoir les entretenir.

Beaucoup de nos intellectuels manquent de courage et se contentent de caresser des régimes despotiques pour être invités à la bamboula gouvernementale. Et dès qu’ils reçoivent un poste de responsabilité, quel qu’il soit, ils deviennent très rapidement méconnaissables et défendent des positions indignes de leurs références intellectuelles et/ou scientifiques. Les intellectuels africains sont, pour la plupart d’entre eux, des émotifs et des trompeurs. Ils évitent de dire la vérité historique et se contentent de rabâcher des mots que les gens qui croient encore en eux veulent bien entendre. Pourquoi ?

Parce que certains d’entre eux ont chanté la beauté de l’Afrique et de l’africain, mais se sont empressés de s’attacher à une femme blanche et, après leur service en Afrique, sont restés en Europe jusqu’à ce que la mort les y surprenne. Attention, aucun amalgame avec tous les mariages mixtes!

La vérité historique nous enseigne que les négriers prenaient rarement le risque de pénétrer dans des forêts denses à l’époque ; ils campaient sur la côte attendant paisiblement que des traîtres viennent livrer leurs propres frères. Le lien ? Il y a encore des traîtres noirs de nos jours. Si la traite négrière est un crime contre l’humanité, ce que nous célébrons aujourd’hui, ce qui est vrai, je crois que l’Afrique doit, elle aussi demander pardon car la traite négrière n’aurait jamais été aussi massive sans la complicité des nègres eux-mêmes. Et les historiens africains happés par la fierté plutôt qu’animés par l’objectivité scientifique, ont bien souvent tort d’apprendre aux enfants que c’est « uniquement » la traite négrière et la colonisation qui expliquent le retard de l’Afrique. Si l’Afrique s’était mise au travail pour se constituer en nations fortes, jamais des européens n’auraient pu l’étaler sur une table de Berlin pour se la partager comme un gâteau docile.

Car, au lieu de résister en bloc contre la pénétration coloniale, les royaumes africains s’entre-tuaient et les vaincus étaient réduits à… l’esclavage. C’est d’ailleurs pour cela que chaque fois que des bouffons se rencontrent à des Sommets de chefs d’Etat africains pour prétendre créer les Etats-Unis d’Afrique, ils demeurent jaloux de leurs pouvoirs respectifs souvent usurpés par les armes ou la fraude électorale, se perdent en querelles puériles et se séparent sans aucun résultat palpable. Ils refusent d’admettre que le seul pays d’Afrique noir qui émerge du lot du point de vue de l’organisation économique, est celui qui n’a pas été dirigé par des africains, en l’occurrence l’Afrique du Sud. Attention!, je ne nie pas l’horreur qu’il y a eu dans ce pays-là.

Ils préfèrent, la plupart de nos soi-disant intellectuels, disperser leurs forces en faisant le procès des discours racistes d’Emmanuel Macron, de Sarkozy, etc., bref ils s’enlisent dans l’émotion et oublient les batailles urgentes qu’ils doivent mener pour relancer l’Afrique et laver l’humiliation dont elle dit être l’objet. Et les chefs d’Etat qui prétendent être des intellectuels en avance sur leurs pairs parce qu’ils ont des diplômes, n’utilisent pas leur savoir pour faire avancer leur pays, mais pour duper la majorité analphabète qu’ils gouvernent. C’est ainsi que certains s’affirment comme leader mondial de la lutte contre la fracture numérique alors qu’ils n’ont même pas d’électricité chez eux ; ils érigent des monuments de béton pour appâter les ignares et épater les électeurs alors qu’ils sont incapables d’assurer une activité aussi élémentaire que le ramassage des ordures.

Les intellectuels africains, en tout cas pour nombre d’entre eux, refusent de critiquer l’Afrique et s’offusquent quand d’autres le font (souvent à juste titre) à leur place. Il en est ainsi de l’inflation nataliste soulevée récemment par Emmanuel Macron. Les observateurs européens qui ont osé dénoncer la tendance désinvolte des africains à faire un nombre d’enfant excessif compte tenu de leur condition modeste ont essuyé une riposte émotive farouche de la part des intellectuels du continent noir. Pourtant, il n’existe pas une vérité aussi évidente. Il est déjà difficile, dans la conjoncture actuelle d’assurer à un seul enfant, protection, éducation de qualité et bonne santé. L’africain en fait 8, 9, 10 alors qu’il est le plus pauvre sur la terre entière. Dieu donne des enfants, on peut être d’accord là-dessus ; mais quand ces enfants meurent faute d’organisation et d’intelligence, c’est aussi la Volonté du bon Dieu ?

La pléthore d’enfants innocents qu’on est incapable d’entretenir et qui dorment comme des sardines dans des chambrettes étriquées avec d’autres membres de la famille suscite la promiscuité et, de plus en plus, la pédophilie incestueuse. La promiscuité s’exporte d’ailleurs allègrement en Europe où des africains, nombreux, souvent sans but précis s’entassent, dans des immeubles insalubres qu’ils transforment en pétaudière. En France notamment, ils s’organisent en mouvements de « sans-papiers » pour réclamer dans le pays d’autrui des droits qu’ils n’ont jamais pu avoir dans leur propre pays natal. Cela peut parfois s’expliquer, oui, mais est-ce aussi souvent justifiable ? Je ne le pense pas. Les intellectuels africains, pour la plupart d’entre eux, ne savent pas leur dire la vérité. Au lieu de les exhorter à rentrer chez eux plutôt que d’être l’objet d’arrestations et d’expulsions dégradantes, ils préfèrent la solution de facilité, c’est-à-dire «toujours » accuser le gouvernement français de racisme et de xénophobie. Ce qui parfois est aussi vrai.

Aujourd’hui encore, des milliers d’Africains se laissent bercer par le mirage européen, s’entassent comme des esclaves dans des pirogues de fortune et meurent en mer de manière inaperçue comme des oiseaux. Je ne dis pas qu’ils ont toujours tort de choisir cette voie-là ; mais je me demande si c’est vraiment « LA SOLUTION » .

Les intellectuels africains défendent l’idée selon laquelle la pauvreté de l’Afrique est aggravée par le caractère inopérant des plans d’ajustement structurel imposés de l’extérieur. Il y’a certes une part de vérité dans cette assertion. Mais nos « intellectuels » omettent souvent de souligner, dans le même sillage, qu’à la tête de nos Etats africains, on retrouve des voyous, des gangsters, des dealers et des bouchers qui vendent une partie de leur territoire maritime pour une pêche ou une exploitation étrangère destructrice, une partie de leur territoire terrestre pour le dépôt ou l’enfouissement de déchets toxiques et qui attisent des guerres civiles pour affaiblir ou exterminer une ethnie qui ne leur est pas favorable.

À la malhonnêteté vient malheureusement se greffer l’égoïsme.Des chercheurs, européens et américains notamment, ont sacrifié leur vie, au sens propre du mot, pour trouver des formules et des recettes qui, aujourd’hui encore, profitent à l’humanité toute entière. L’Africain, lui, a presque toujours tendance à cacher son savoir si bien que lorsqu’il meurt, c’est « une bibliothèque qui brûle » . L’Afrique regorge d’une expertise féconde en matière de pharmacopée, mais les détenteurs de ce trésor le gardent jalousement et n’en font même pas profiter leurs propres frères. Alors il faut abandonner la rhétorique victimaire qui consiste à jeter « toujours » tous nos malheurs sur le dos du petit blanc. Le Japon que je citais tout à l’heure n’aurait jamais pu être ce qu’il est aujourd’hui s’il s’était contenté de se lamenter sur le sort de Hiroshima et Nagasaki. Il faut avoir le courage d’un mea culpa constructif, l’humilité de prendre conscience de ses tares et le courage de travailler pour un avenir meilleur. Le passé est déjà passé. Attention!, je ne dis pas qu’il faut oublier l’histoire, non. Je dis simplement qu’il faut tâcher d’en faire un bon usage. « Nous avons été ceci ou cela, que voulons-nous devenir? » Voilà la vraie question !

Il est vrai cependant que l’environnement culturel africain n’est pas toujours favorable à l’éclosion d’un esprit scientifique. On y retrouve des diplômés, mais peu d’intellectuels. L’aliénation de l’individu au groupe, poussé à l’extrême, inhibe l’affirmation des talents. Le tout fonctionne comme un panier à crabe où celui qui veut émerger est tiré par le bas par ses pairs. L’individu qui échappe et réussit est tenu de nourrir tout le groupe, tout le village, tout le pays. Ainsi, il ne peut épargner en vue de placements bénéfiques. Il n’est pas étonnant que c’est lorsqu’il voyage en Occident (comme on le dit) que l’Africain est en général à même de donner le meilleur de lui-même. Beaucoup de savants, de poètes et de chercheurs africains n’ont pu briller qu’en s’exilant loin de leur terre natale. Un faux témoignage ? Moins de savants, de poètes et de chercheurs africains ont pu briller chez eux, et ce n’est pas moi qui le dis, c’est un fait historique.

L’esclavage et la traite des noirs étaient criminels, oui, et il faut toujours s’en souvenir pour l’histoire. Mais se fonder sur cela en s’oubliant dans une sorte de victimisation éternelle n’élève pas.

DON EBERT

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