Plusieurs enseignements peuvent être tirés de la sortie piteuse de « Comrad Bob » au Zimbabwe. Je voudrais souligner en premier celui qui a trait à son âge.

On a maintenant plusieurs expériences historiques qui témoignent qu’au-delà d’un certain âge, même les héros de l’indépendance et les pères de la nation ne sont pas à l’abri des affres de la sénilité. En témoignent Churchill, Houphouët-Boigny, Bourguiba, Mugabe donc, et encore le Président Bouteflika.

Le problème c’est qu’alors des proches en profitent pour prendre barre sur le dirigeant du pays, alors qu’ils n’ont aucune légitimité pour le faire : on a vu un majordome qui aidait le Président à enfiler ses chaussettes devenir plus important qu’un ministre et des premières dames ou maîtresses s’octroyer des responsabilités exorbitantes que ni le peuple, ni le suffrage universel, ni même le parti politique du Président ne leur avaient dévolues.

C’est dommageable pour la gouvernance du pays ; mais c’est également affligeant pour le dirigeant lui-même : l’image des Présidents Ben Ali ou Mugabe dans l’histoire ne sont-elles pas plus ternies à cause de leurs épouses ?

Il est donc important pour les pays – en particulier africains – qu’à un certain âge, soit volontairement soit par un mécanisme institutionnel, le Président passe ou soit contraint de passer la main. Tout l’enjeu est de fixer le curseur : plus un homme vieillit, plus il considère qu’on doit le placer tard ! On voit ce reflexe dans les gouvernements comme dans les conseils d’administration des entreprises.

Mais quand on voit un Président passer chaque année plusieurs mois en dehors de son propre pays, on sait et on sent bien qu’il est temps ! Amical message passé aux Présis de : Tunisie, Cameroun, Algérie, Guinée, Malawi…

ERIC BOHÈME

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