On n’a pas besoin de regarder loin pour se rendre compte de la présence massive du parti au pouvoir et de ses couleurs dans l’espace public: les couleurs des bus et de certains espaces qui appartiennent à tous. La marque indélébile d’une belle continuité du parti État et de la culture du parti unique. On peut bien sûr être dans une démocratie multi partisane dominée par la culture du parti unique. C’est d’ailleurs le modèle dominant. Avec le parti socialiste on a des bus verts, avec le PDS des bus bleus et avec l’APR le marron beige. À ces détails anodins s’inscrit le changement politique et le changement de la nature de l’État.
-La gestion des médias d’État :
La nomination relève de façon exclusive du Président de la République à qui il faut reconnaître cette prérogative régalienne. Mais quand on a eu comme slogan la patrie avant le parti, tout le monde s’attend à desserrement de la mainmise du parti sur le service des médias publics. Changer la procédure de nomination pour avoir les meilleurs de la profession. Recourir à un appel d’offre qui permet à la Haute autorité de l’audiovisuel de proposer 3 noms au Président qui nomme.
Ensuite le contenu exclusivement branché sur le Palais et la propagande grossièrement politique.
Après Diouf, Wade a eu sa propre structure audiovisuelle à la Présidence. Aujourd’hui ‘est pire avec les fourches caudines de l’État parti a nommé un militant du parti, pareil pour le Soleil. Bel exemple de continuité.
Enfin les organes de régulations démocratiques, économiques et sociales qui sont tous assujetties, étouffées, décrédibilisées : Le Comité Sénégalais des Droits de l’Homme est moribond et la loi qui permet son bon fonctionnement normal est sous le boisseau depuis 2014. Pas de rapport produit, pas de réactions sur la question des droits humains pour un organe que l’Afrique entière avait pris comme modèle. Là reconnaître les premiers progrès imprimés par Senghor dans la démocratisation de son système soutenu par Keba Mbaye.
La médiature créée aussi par Diouf et magistralement occupé par l’ancien président de la Cour Suprême Ousmane Camara et l’ancien Recteur et Ministre de la Justice Seydou Madani Sy et le professeur Serigne Diop. Aujourd’hui qui entend le Médiateur qui a une fonction de régulation éminente?
La CENA fortement contestée après les dernières législatives. La Cour des comptes dont on attendait les rapports avec intérêt est muette depuis 2013. L’OFNAC dont la mission était de traquer ceux qui sont au pouvoir suscite de plus en plus de doute. Voir l’accueil réservé à son rapport par le patron de la police et de la gendarmerie.
Je passe sous silence des organes créés avec un budget de l’État consistant et dont on ne voit pas l’utilité concrète comme le Haut-Conseil des Collectivités locales.
Je ne parle pas de la justice car les juges eux-mêmes soulèvent la question de l’indépendance du judiciaire, de notre Parlement non plus.
Ce pays a besoin d’un dialogue global, serein et sérieux mener avec bonne foi pour préparer bien armé les défis multiples et complexes qui nous attendent

Alioune Tine

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