Pour le ministre du plan et du développement, le taux de fécondité (4, 94 enfants par femme) est un obstacle au développement de la Côte d’ivoire. Aussi, elle propose une limitation des naissances à trois (3) enfants par femme. Peut-on, valablement, affirmer, aujourd’hui, que l’intempérance sexuelle des ivoiriens les a conduits à proliférer jusqu’aux limites des ressources disponibles ?

Je vais épargner les lecteurs de grandes théories pour prendre quatre (4) exemples concrets. La Corée du sud, la RDC, le Koweït et la Côte d’ivoire.

La Corée du Sud, indépendante en 1948. Une superficie de 99 720 Km2 pour 50 924 172 habitants soit une densité de 511 hab/Km2. Dépourvue de ressources naturelles, la Corée du Sud dépend beaucoup des échanges  extérieurs pour importer matières premières et capitaux et pour exporter des produits à forte valeur ajouté. La Corée est aujourd’hui la 12 e puissance économique mondiale.

La République démocratique du Congo (RDC), indépendante en 1960. Une superficie de 2 345 000 Km2 pour 85 millions d’habitants soit une densité de 36 hab/Km2, quatorze (14) fois moins que la Corée du Sud. La RDC a un sous –sol des plus riches au monde. Elle est classée au 174e rang  mondial  en termes d’indice de développement humain.

La Côte d’ivoire, indépendante en 1960. Une superficie de 322 462 Km2 pour 22 671 331 habitants soit  83 hab/Km2, six (6) de moins que la Corée du Sud. La côte d’ivoire est productrice de cacao, de café, de bois, de pétrole etc. Nous sommes classés 143e mondial en termes de développement.

Je pourrai ajouter l’exemple du Koweït qui a une densité de 232 hab/Km2, soit  environ trois (3) fois de plus  que la  Côte d’Ivoire et six (fois) de plus que la RDC. Le Koweït est un eldorado économique.

Par ailleurs, les résultats du 4è Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2014) révèlent que la Côte d’Ivoire compte désormais 22 671 331 d’habitants dont 17 172 297 d’Ivoiriens, soit 75,8% et 5 491 972 d’étrangers, soit 24,2% de la population. A titre de comparaison, la Chine compte 0,1% d’immigrants.

A l’observation, c’est moins la fécondité des ivoiriens que les choix de politiques économiques, la répartition des richesses, les dysfonctionnements institutionnels et la porosité de nos frontières qui constituent les véritables obstacles au développement de notre pays.

Geoffroy-Julien KOUAO

Juriste-écrivain et Analyste Politique.

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