A Accra, les chefs d’Etat de la « task force présidentielle pour la monnaie unique » ont pour la 5ème fois rappelé avec conviction leur engagement qu’une monnaie unique et commune à l’Afrique de l’Ouest voie le jour en 2 020.

Ils ont pour cela pris des décisions dont le concret n’échappera à personne :
– révision de la feuille de route
– approbation d’une approche graduelle
– recentrage des critères de convergence
– création (non financée) d’un institut monétaire (cé koi ça ?).

Marchons, marchons, chantaient les hallebardiers en marquant le pas sur place…

Ce jargon technocratique masque bien mal qu’il n’y aura pas plus de monnaie unique en 2020 qu’il n’y en a eu en 2003, 2005, 2009, 2015, échéances précédentes dépassées; et que le Franc CFA, ainsi que les 8 autres monnaies nationales, ont encore un avenir prometteur devant elles.

Cette monnaie unique n’est pas prête de voir le jour, pour au moins deux raisons :

– le Nigéria, première puissance économique et financière de la région, n’y voit aucun intérêt et « freine des 4 fers »,
– certains petits pays n’osent le dire, mais ne voient aucun avantage à ce que le « teneur de monnaie », rôle assumé actuellement par la France d’une façon « neutre » envers les différents pays, soit à l’avenir assuré par leur puissant voisin qui pourrait tenter d’en profiter politiquement ou économiquement.

C’est pour cela que si les déclarations volontaristes & les bonnes résolutions sont nombreuses, de fait rien de concret n’est engagé pour créer cette monnaie unique.

Allez, on se donne rendez-vous en 2024, pour une 11ème réunion de la task force, qui se félicitera d’une avancée significative vers…

ERIC BOHEME

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