Il est clair que ce billet ne chatouillera pas des cœurs. Il pourrait même faire des mécontent(e)s. Mais, que personne n’en fasse une histoire personnelle ! La lutte pour l’avènement d’un monde meilleur, paritaire, égalitaire, sans discrimination, prend plusieurs formes. Celui qui parle au chat, doit aussi parler à la souris.
De quoi s’agit-il ? De ces femmes qui par leurs attitudes triviales et viles freinent la marche épique de toutes celles qui se démènent pour sortir les descendantes de Eve des geôles construites par des siècles de philosophie patriarcale et phallocrate. Nombreuses sont celles qui font bouger les lignes. En effet, des bataillons de femmes battent les pavés du monde à dessein de charcuter les coutumes moyenâgeuses, émasculer les mœurs périmées et faire voler en éclats les stéréotypes humiliants qui les étouffent. Par-ci, par-là de véritables marées humaines, prêtes à engloutir les hommes, crient comme des écorchés les mots : « Liberté » « égalité ». La machine est lancée. Acculés et blessés dans leur amour-propre, les hommes ravalent leur orgueil et cèdent du terrain. On amende les constitutions. On ébauche de nouvelles lois. Les parlements bouillonnent ; certains parlementaires à courts d’arguments s’empoignent comme des catcheurs. Les femmes ont gagné la guerre. Le drapeau du féminisme flotte sur les toits des hémicycles.
Malheureusement, un autre contingent de « femmes-attention-danger » semble ramer à contre-courant. Oui, des femmes, aux postures licencieuses, ont envahi notre quotidien. A la télé, les programmes sont repus de leur présence perverse. Les médias, comme des vitrines, étalent et appâtent l’audience par des ‘’ramassis d’obscénités’’. Elles hameçonnent et font exploser l’audimat ; elles ont cette volupté qui réchauffe les sens, malmènent la morale de la société et l’entachent de leurs frasques libertines. Elles brûlent, aux yeux de tous, leurs vertus dans des spectacles obscènes et déhontées.
Dans les clips, elles remuent indécemment leurs croupes arrondies sur des paroles qui ne leur font pas vraiment honneur ; ils appellent cela ‘’twerker’’. Elles sont souvent à califourchon sur des objets contondants, en levrette sur des chaises, nous montrant, sans aucune pudeur, leurs tabliers hottentots, leur mont de Vénus, leur périnée royal… Pendant ce temps, un artiste, abruti par des psychotropes, leur pelote et presse les fesses. Ces manèges extravagants qui garantissent, dit-on, le succès de certains clips chatouillent les sens, et les yeux ardents et fiévreux tripotent des seins nus, une chute de rein cruellement magnifique et des fesses arrondies avec une joie indécente. Elles assurent bien souvent la réussite des chansons qui bien souvent les déshonorent : « Approchez regardez …y a des kpoklês de 200 F », entend-t-on au milieu d’un décibel en transe. Une foire aux injures adressées aux femmes qui pourtant se trémoussent d’une joie mauvaise!!!
Par ailleurs, il est impossible de mettre un pied dehors sans rencontrer le chemin de ces magazines, affiches ou panneaux publicitaires représentant des femmes presque nues, dépouillées de toutes vertus. Sur les réseaux sociaux, nous voyons de belles dames lèvres câlines, cheveux aux vents, chair cosmétiquée qui enfoncent leurs faux ongles impudiques dans nos gros yeux luxurieux. A côté de chaque produit de beauté se tient une femme aux seins gonflés, la taille prise dans un déshabillé moulant. Des femmes aux seins siliconés, aux lèvres affamées, et aux visages fardés de colorants trompeurs éblouissent les yeux avec des charmes artificiels.
Certaines vont jusqu’à rembourrer leur postérieur, à grands renforts de produits vétérinaires. La cosmétique les a transformées en images de marques, en produits de luxe, en poupées de désirs. Elles veulent être, à tout prix, à la page ! Hélas, savent-elles avec quelle vitesse les pages sont tournées ? Celle de l’éclair. Le besoin croissant de tenir son corps hors de portée de la vieillesse est devenu une hantise. Ah les Nymphes éphémères ! Superbes créatures qui ne veulent point prendre de rides et qui vont s’offrir toute entière aux couteaux des chirurgiens, aux produits invasifs…
Notre époque consomme à un rythme vertigineux ces images de femmes nues aux profils saillants. Des Adam se pâment de plaisirs, lorsque leurs yeux affamés de plaisirs malsains tombent sur ces créatures de jouissances indécentes et faciles ! Elles étalent leur corps nu, comme des produits d’étalages. Désormais louées à l’heure, comme des voitures, les femmes sont broyées par cette société de consommation qui les happe, les dévore et les chosifie.

Le risque de fâcher du monde est certain. Mais faut-il se taire face à cette décadence ? Nous gémissons de douleurs toutes les fois que nous voyons ces belles natures, jeunes et fraîches, barboter nues dans les clips des artistes. Il sera difficile toujours de prendre pour modèle des femmes si portées au vice et si promptes à s’avilir pour quelques secondes dans un clip. Est-ce cela la libération quêtée depuis des lustres ? Ne sommes-nous pas en face d’une nouvelle forme de geôle et d’esclavage ? Le rêve de l’égalité est-il possible par l’exaltation du vice ?
Pour notre part, nous continuerons de soutenir ces authentiques femmes militantes des droits qui se battent au quotidien pour que la moitié de l’humanité ait accès au soleil de la justice et de la liberté.

Bamba Siaka Doh Ouattara & Macaire Etty

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