Ce carnet de voyage nous transporte d’Abidjan à Odienné, avec des paysages tant pittoresques qu’originaux.

Quand tôt à l’aube ce matin du mardi 13 mars nous quittons Abidjan, nous sommes loin d’imaginer que le périple allait être passionnant bien que nous avons conscience de la pénibilité du voyage, vue la distance à parcourir. Après 2 heures passées sur l’autoroute du Nord nous sommes dans la capitale politique du pays avec son ambiance matinale d’élèves et travailleurs se rendant qui à l’école, qui au service. A Bouaflé, les rues sont presque désertes mais on aperçoit aux confins de la ville quelques voyageurs. Quand on prend l’axe Bouaflé/Daloa commence pour nous le calvaire. A chaque 20 mètres, de gros nids de poule nous obligent à rouler à pas de tortue. Ce qui a fait dire au conducteur du véhicule que ce sont des «nids d’éléphants», nous arrachant le sourire. Cela nous prend deux heures pour parcourir moins de 70 kilomètres.

Nous bifurquons par Daloa, la cité des antilopes
A Daloa en cette fin de matinée, la cité des antilopes grouille de monde au centre ville. Les restaurants où nous partons pour le déjeuner sont bondés de monde. Quand nous mettons le cap sur Man, il nous revient que la ville de Bangolo serait en train de vivre des heures chaudes en cette journée de mardi. Nous lançons des coups de fil pour nous rassurer. Les informations qui nous parviennent se contredisent mais nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur, et décidons de continuer le chemin. A Bangolo, l’ambiance dans la ville est morose. Nous apercevons un groupe de policiers au bord de la voie centrale de la ville. Cette situation nous oblige à nous informer. G.S, un habitant de la ville, nous confie que «ce matin, il y a eu affrontement entre forces de l’ordre et des jeunes gens au corridor Sud de la ville suite au décès d’un homme par balle. Mais, les renforts sont venus de Man et Daloa, et la situation est sous contrôle.» Nous continuons notre chemin dans la sérénité, l’obstacle de Bangolo dépassé. L’axe Daloa/Man lui, est moins périlleux, avec quelques nids de poule par endroits.

Man, ce n’est pas la porte d’à côté!
Au crépuscule, nous arrivons à Man, la capitale du Tonkpi. Une ville serrée entre les montagnes. La nuit y est paisible. Un tour dans la rue la plus animée de la ville nous permet de réaliser que c’est une ville vivante. En ce début de semaine, les maquis connaissent une animation toute particulière. Le lendemain matin, nous quittons Man pour Odienné. Plus de 200 kilomètres à parcourir. A quelques encablures de la ville, un regard par les vitres de la voiture nous fait apercevoir les montagnes de la région et surtout ce trou sans fonds mitoyen à la route. Nous avons une grande peur. Le conducteur en rajoute à notre peur en nous demandant d’imaginer une sortie de route à cet endroit. Alors qu’il y a quelques minutes, nous venions de dépasser le monument dédié à Monseigneur Ambroise Mata, ex-archevêque à la Basilique notre Dame de la Paix de Yamoussoukro, mort accidentellement sur cette voie en 2011. Sur l’axe Man/Odienné nous rencontrons quelques voitures. Une voie pas beaucoup fréquentée dans la journée. Touba reste à gauche. Nous ne rentrons pas dans la ville. Au corridor Nord nous subissons notre premier contrôle policier depuis Abidjan. L’agent est très sympathique. Il nous demande ce que nous allons faire à Odienné se moquant au passage du conducteur dans le cadre de l’alliance à plaisanterie entre les peuples Agni et Baoulé. Il nous épate en indiquant que «c’est de cette Côte d’Ivoire qu’on veut, sans palabre et où on vit vraiment ensemble». Est-ce qu’on remarque pour autant politiquement ? Bref, continuons le récit de notre trajet!

Odienné, ville calme, et métamorphosée
Nous découvrons sur la route un village émergent. Des prises de vue du village attirent l’attention d’un homme qui s’approche de nous. Justement, c’est le «cadre émergent» de la contrée. D.K, cadre au ministère du Transport, nous confie qu’il veut faire se son village un milieu de vie plaisant. Il y a même construit une auto école. A Férémandougou, une ambiance de voyageurs en transit nous fait voir des femmes vendeuses de bouillie d’ignames accompagnée de viande de brousse grillées. Nous ne nous faisons pas prier pour en prendre et nous délecter de ce mets assez atypique. Nous arrivons à Odienné en milieu d’après midi, précisément, à 15h. La ville est calme. Son apparence a considérablement changé du point de vue architectural. sans en dire plus, essayez de refaire le trajet… Seule conclusion possible: La Côte d’Ivoire, rien qu’à tirer la conclusion de ce voyage, est un beau pays que ses habitants gagneraient à découvrir sans retenue!

DADIÉ KOBÈ DE ZUENOULA

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