La 9e édition des Prix du Conseil national de la presse, illustrée par la photo ci-dessus, ne semble pas avoir généré nombre de réactions.

On y note d’abord que l’excellence de la presse est marrainée par la Première Dame, Dominique Ouattara, épouse du Président ivoirien, Alassane Ouattara. A cette occasion, elle s’est félicitée du bilan positif du président du CNP : « Vous avez mené avec brio votre mandat à la tête du CNP » avant d’encourager les acteurs de la presse à privilégier « un traitement adéquat de l’information transmise à nos populations »

Premier malaise : Quelle responsabilité publique l’autorise à de telles appréciations ? Et que sous-tend « adéquat » dans la bouche d’un Dirigeant ? On imagine sans peine le tollé que de tels propos créeraient aux États-Unis, s’ils étaient (avaient été) tenus par Melania Trump (par Michelle Obama).

Second malaise : On nous informe également que lors de cette manifestation, l’épouse du Président Alassane Ouattara a reçu un « prix spécial » pour son engagement en faveur des acteurs de la presse en Côte d’Ivoire. Servitude, quand tu nous tiens…

Mais le plus extraordinaire restait à venir : le Prix d’excellence du meilleur organe de presse d’informations générales, basé sur (sic) : « une conjugaison de cinq facteurs dont le respect de l’éthique et de la déontologie, la gouvernance des ressources humaines et le respect des obligations sociales » a été remporté par… Fraternité Matin !

On hésite à en hurler de rire ou à en pleurer : une institution étatique ou para-étatique récompense, en présence de son Ministre de tutelle, le quotidien qui… appartient à l’État !

Quotidien qui, comme on l’a perçu il y a quelques mois à l’occasion de tribunes, mouvements sociaux, démissions, grève, est indiscutablement au sommet de l’excellence, quant à la gouvernance des ressources humaines et au respect des obligations sociales. Les journalistes apprécieront cette reconnaissance (provocation ?) à sa juste saveur.

Pendant que sommités et courtisans s’auto-congratulent, s’auto-félicitent et s’auto-récompensent, il n’est pas inutile de rappeler que grâce à son excellence, les ventes moyennes de Fraternité Matin ont baissé de plus de moitié entre 2012 et 2017.

Manifestement, les Ivoiriens ne semblent pas convaincus de l’excellence de ce journal. Un autre Prix serait-il nécessaire à cet effet ? Celui de la complaisance, peut-être ?

 

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