Je voudrais ici en tant que simple citoyen lambda et observateur de la politique ivoirienne, me prononcer sur l’éventuelle candidature d’un homme d’Etat que nous voyons tous avancer à pas feutrés vers une candidature à la présidence de la République de Côte D’ivoire. Il s’agit de la personne du président de l’Assemblée nationale, en l’occurrence monsieur Guillaume Kigbafori Soro.

D’emblée, j’aimerais dire que contre la personne, je n’ai à reprocher. Ce dont je voudrais parler, c’est plutôt son passé et son incidence sur la vie de la nation. Nul n’est censé ignorer le rôle majeur qu’a joué et continue encore de jouer ce monsieur sur la scène politique ivoirienne depuis au moins cinq lustres. D’abord secrétaire général charismatique de la Fédération estudiantine (FESCI), ensuite secrétaire général de la rébellion, ministre de l’information, premier ministre puis président de l’Assemblée nationale.

De prime abord, on le féliciterait tous pour ce parcours. Maintenant, essayons de voir de plus près. Le secrétaire général de la FESCI a beaucoup apporté à la cause estudiantine. Mais le revers de la médaille, c’est plusieurs générations de bacheliers s’accumulant sur le campus par la faute d’un parapluie dit atomique. Des étudiants plus enclins à la politique qu’aux études. La violence comme moyen de revendications. Soro devrait endosser, pas tout seul, mais aussi, ce manteau de la déliquescence de l’école ivoirienne. Ensuite, la rébellion de 2002 à mon sens qui aurait plus fait de mal que de bien à ce pays autrefois havre de paix par la volonté de son père fondateur Félix Houphouët-Boigny.

Les conséquences immédiates de cette rébellion ont été l’assassinat de bon nombre de civils, militaires et para militaires dans les zones sous contrôle de la rébellion. La réaction en face fut de même, avec des innocents tués pour appartenance avérée ou non à ladite rébellion. La partition du pays en deux pendant des années, des familles disloquées. Toute une génération sacrifiée du fait de la guerre. La paupérisation de la population qui a engendré plusieurs maux dont la dépravation des mœurs, le bradage des terres avec tous les conflits qui y sont liés. La déforestation massive que nous observons depuis, dans le pays.

Toutes ces conséquences sont encore palpables et le seront encore pour un bon moment. Peut être de bonne foi, il pensait lutter à l’avènement d’une Côte d’ivoire nouvelle. Mais à l’arrivée, il n’a réussi qu’à remplacer une clique par une autre dans l’appauvrissement de la population. Et même, ceux qui lui doivent leur ascension le traitent de rebelle, sûrement par gratitude. MDR!

Pour tout cela, je voudrais que comme Moïse qui n’a pas pu voir la terre promise, Soro Guillaume se retire de cette course à la présidence. Si d’aventure, nous, Ivoiriens et Ivoiriennes, estimons nécessaire cela, nous irons le chercher là où il se trouve. Sinon sa personne pour le moment ferait plus de tort que de bien à ce pays. Pour tout cela j’aimerais inviter ce monsieur à surseoir à une quelconque candidature dans les dix années à venir.

Ce pays mérite mieux que cette race de politiciens dont il fait partie. Ils ont tous échoué. Ils sont nombreux ces Ivoiriens capables d’apporter le bien-être à ce pays. Juste un peu de patience, et nous verrons tous !

PAUL KOUADIO DE POY

 

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