Ivoiregnerie a rencontré un ex-journaliste culturel ivoirien vivant désormais en France précisément à Auxerre, et qui y a décidé de promouvoir les tresses africaines dont la 2ème édition se déroule du 13 au 15 septembre 2018.

Du journalisme à l’évènementiel, quel lien?

Evidemment comme le dit bien cet adage populaire  » Le journalisme mène à tout mais tout ne mène pas au journalisme  » et puis chaque journaliste a toujours sa spécialité. Me concernant, au-delà de la polyvalence dans notre métier, j’ai fait le choix de la culture. A priori mes recherches portent sur les faits et événements culturels. En Côte d’Ivoire où j’ai exercé près d’une décennie, j’ai beaucoup flirté avec le monde des arts et de la culture. J’ai même eu le privilège de présider l’Union des journalistes culturels de Côte d’ivoire (UJOCCI). Alors je ne pense pas qu’il soit si étonnant de me voir au cœur de l’événementiel. Et comme l’a si bien dit Edouard Herriot, et je cite :  » Seule la culture reste quand on a tout perdu « . Aujourd’hui vivant à 6000 kms de ma terre natale je ne peux que manifester mon instinct de culturel, et c’est ce que je fais tant bien que mal. L’occasion pour moi de saluer au passage Monsieur Guy Ferez, maire de la ville d’Auxerre et son cabinet ainsi que son conseiller Jean Claude Mapouyass ; tous ne ménagent aucun effort pour soutenir notre action.

Pourquoi le créneau de la tresse, comment vous est venue cette idée ?

Nous avons choisi de promouvoir les Tresses africaines qui est un pan de notre culture ancestrale parce qu’elles semblent en voie de perdition. Pourtant les cheveux occupent une place prépondérante dans les atouts d’une femme. De par notre slogan, notre message est clair et évocateur : « Africa Tresses Fashion (ATF)  » Quand c’est naturel, c’est beau « !

Vous n’êtes pas venu en France de votre propre gré, pouvez-vous revenir sur les circonstances certes malheureuses, qui vous y ont poussé ?

Tout ce que Dieu fait est bon et à travers l’option que prend ce festival, je suis persuadé que resté au pays, il n’allait même pas voir le jour. Je suis certes arrivé en France malgré moi même mais mes regrets sont vite devenus de vieux souvenirs. ‘’C’est Dieu qui est fort’’, comme on le dit communément, chez nous. Rires… Parfois il nous faut être moins exigeant avec la vie afin que nos rêves et désirs se réalisent. Le pays me manque, la chaleur des miens certes, mais comme l’a dit un sage : « la vraie patrie de l’homme, c’est là où on l’aime « . Pour l’instant je me sens mieux à Auxerre même si je n’arrive pas à m’exprimer par ma plume, pour l’instant. Ma mère m’a toujours dit ceci:  » C’est quand on s’assoit qu’on tend les pieds « . Rien n’est tard si la vie se prolonge.

Revenons à ATF, quelles sont les innovations majeures pour cette année, et quand se déroulera t-il ?

Cette deuxième édition placée sous le signe de l’Autonomisation de la femme est pour nous celle de la confirmation. Le comité d’organisation est à pied d’œuvre pour réaliser tout ce que contient initialement notre écurie. A savoir : La parade fluviale sur l’Yonne. Il s’agit d’une visite de la ville sur le plan d’eau en bateau Mouche avec la fanfare et les drapeaux des différents pays participants. C’est l’étape qui la veille doit annoncer les couleurs du festival dans la ville. Cette année nous devons ouvrir le village du festival dénommé Village ATF avec la coupure du ruban symbolique par le haut patron de l’événement en l’occurrence le Ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina-Faso. Les travaux scientifiques du festival feront l’objet d’une exposition au Musée de Ouagadougou qui est en partenariat avancé avec nous. Le tournoi de foot féminin contre le cancer du sein doit être l’un des points d’attraction, cette fois-ci. Puis le Prix Guy Ferez pour le Mieux Vivre Ensemble dont les tous premiers lauréats seront connus cette année. Bref voici quelques innovations de taille, je pense.

Combien de festivaliers attendez-vous ?

Au moins 500 festivaliers attendus à cette deuxième édition sur les trois jours que dure ce festival.

Où trouvez-vous les soutiens nécessaires pour un festival d’une telle envergure ?

C’est le lieu de rendre un vibrant hommage à Monsieur Djedje Bagnon joachim, actuel président du conseil régional du Gôh, premier parrain de la première édition d’Africa Tresses Fashion. Son nom demeure en lettres d’or dans nos archives. Fasse Dieu le miséricordieux que son exemple fasse tâche d’huile. Juste pour vous dire que pour l’instant nous n’avons ni sponsors ni subvention. Mais vue que notre combat semble salutaire je pense que les bonnes volontés sauront nous entendre.

Comment est appréciée la coiffure africaine dans l’Hexagone ?

Je dirai que le festival de Tresses africaine est en passe de devenir une prestigieuse tribune de célébration de la beauté à l’état pur quant à l’appréciation que font les occidentaux de la coiffure africaine ; il y a des voix plus autorisées que la mienne pour nous faire un bilan plus juste car deux années c’est trop tôt pour moi pour tirer une conclusion partielle quelle qu’elle fusse…

Mener une telle activité en France est-il plus facile que si vous l’aviez fait en Côte d’Ivoire ?

Nul n’est prophète chez soi a-ton coutume d’entendre, et de vivre. En 2010 avec des confrères africains lors de notre séjour académique au centre de formation et de Perfectionnement des journalistes de Paris (CFPJ) j’ai présenté un projet de création d’un festival au profit des journalistes culturels du continent que j’ai intitulé ‘’Festival Flamme Culturelle d’Afrique’’ (FEFCA). Il a été présenté aux autorités ivoiriennes. Hélas il restera lettre morte, et je préfère ne pas en dire plus! Ceci dit, on ne finira pas de nous convaincre que pour mieux conquérir l’Afrique il faut faire ses armes hors du continent et nous en sommes conscients.

Si vous aviez à lancer un message aux festivaliers, à la diaspora africaine et aux Français en prélude à ATF, que diriez-vous ?
A la diaspora africaine nous disons que pour être mieux vu à l’étranger il faut garder son identité culturelle ; d’où l’intérêt pour nous tous d’unir nos forces et intelligences autour de nos idéaux communs. Aux Français nous ne manquons un seul instant de prouver que ce festival est ouvert à toutes les sensibilités, races et peuples confondus. Il est un creuset de la diversité culturelle et de l’inter culturalité. La preuve le comité d’organisation réunit en son sein Africains et Européens et peut-être plus tard Américains et Asiatiques, pourquoi pas! Il est bon de rappeler à tous que la culture n’a pas de frontières, elle est incolore et inodore. Je tiens à vous exprimer ma sincère gratitude pour l’intérêt porté sur notre jeune festival et bienvenue à tous sur Auxerre du 13 au 15 septembre 2018 pour vivre ce grand rendez-vous, plutôt de se le conter avec regrets. Aux festivaliers, nous disons enfin : ‘’Africa Tresses Fashion’’ Quand c’est naturel, c’est beau. Je vous remercie.

Commentaires Facebook