Ce jeudi un calme plat règne sur le campus universitaire de Ouagadougou 1 situé en plein cœur de la capitale du Burkina Faso à quelques encablures du cabinet du Premier ministre. Normal c’est la période des compositions de fin d’année.

Une petite visite nous permet de découvrir un campus vaste avec de nombreux amphithéâtres mis pas encore suffisants pour la population estudiantine grandissante. On aperçoit gigantesque l’amphithéâtre gracieusement offert au pays par feu Mouammar Kadhafi. La faculté de médecine connait un silence de cimetière. Notre guide Z.R, étudiant en master relations internationales, ironise : « ceux-là (les étudiants en médecine, NDLR) ne sont pas dans les mouvements d’humeur des étudiants. Ils disent qu’on n’a pas les mêmes problèmes« 

Par un détour de chemin on aperçoit l’amphi A600 le plus grand amphithéâtre en termes de capacité d’accueil. Quelques mètres plus loin, c’est le Quartier Général de la Fesci-Burkina Faso. Eh oui vous avez bien lu. C’est la pale copie de l’organisation estudiantine ivoirienne avec d’après notre guide, « le même esprit et les mêmes méthodes » . Il ne nous en dira pas plus.

Nous ne les avons pas approchés parce qu’ils étaient en pleine concertation. Malgré la composition, un attroupement d’étudiants est visible. Il s’agit d’un forum d’échanges des étudiants nommé « 2 heures pour nous, 3 heures pour Kamita » Le responsable, B.L alias Zokou en souvenir selon l’un de ses lieutenants de Zokou Gbeuli le résistant bété à la colonisation française en Côte d’Ivoire nous accueille chaleureusement et se soumet volontiers à notre interrogation. Il nous confie que « Kamita c’est l’Afrique. Cet espace est un lieu de formation politique pour conscientiser la jeunesse estudiantine Burkinabè. Nous avons pour slogan : conscientisation- Mobilisation- Action. Nous sommes des panafricanistes convaincus et nous nous battons pour la dignité de l’Afrique » .

Nous sommes émerveillés par ce respect scrupuleux de la franchise universitaire au Burkina Faso. Tenez, le thème du débat du jour est : « La justice française demande des pièces justificatives pour l’extradition de François Compaoré. Veut-elle se substituer à la justice Burkinabé? » . Les débats ont été fort intéressants et tranchent avec le niveau du débat des étudiants lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Ouagadougou. Nous avons écouté des étudiants cultivés maîtrisant la langue de Molière avec bien sûr le petit accent national. À la fin du débat nous prenons congé de nos hôtes, rejoignant le parking motos et vélos très garni pour rejoindre notre dortoir.

Ce fut une après midi bien chaleureuse dans ce campus universitaire d’où nous rentrons émerveillés et confiant pour l’avenir de l’Afrique.

DADIE KOBE DE ZUENOULA

 

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