Il faut remonter loin dans les archives de la politique en Afrique pour trouver un Président africain qui quitte par la démission volontaire ou sous pression le confort douillet, les salons feutrés et les dorures du palais.
Léopold Sédar Senghor, la démission comme cadeau de fin d’année. Il fut le premier Président africain à démissionner sans pression. A 74 ans, Léopold Sédar Senghor, locataire du Palais depuis l’indépendance du pays en 1960, quatre fois réélu, renonce à sa charge de Président de la République du Sénégal qu’il occupe depuis 20 ans. Pour justifier sa démission, Léopold Sédar Senghor qui a refusé une proposition de loi pour lui assurer la « présidence à vie », évoque son âge avancé qui ne lui permet pas de travailler plus de « 10 heures par jour en moyenne » mais aussi sa volonté d’amorcer une alternance démocratique par le multipartisme ou un renouvellement générationnel au sein de son propre parti, le Parti socialiste (PS).
Ahmadou Ahidjo, le « malade imaginaire » bascule le destin en une heure !  » Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes. J’ai décidé de démissionner de mes fonctions de Président de la République du Cameroun. Cette décision prendra effet le samedi 6 novembre à 10 h « . Sans ambages, la voix forte qui retentit sur les ondes ce jeudi-là, c’est celle d’Ahmadou Ahidjo, le premier président du Cameroun, qui annonce au peuple une décision qu’il a mûrie depuis des mois dans un scénario digne d’un polar politique.
Chadli Benjedid, le sacrifice ultime pour la nation. « Je demande à chacun et à tous de considérer cette décision comme un sacrifice de ma part au service des intérêts supérieurs de la nation ». Les mots de la lettre de démission du troisième Président de la République algérienne démocratique et populaire, militaire passionné d’écriture, ont été scrupuleusement choisis.
Thabo Mbeki, pustch partisan contre l’héritier de Nelson Mandela. Dans les foyers sud-africains ce dimanche 21 septembre 2008, tout le monde est câblé sur la SABC, la chaîne nationale de télévision. A 66 ans, les cheveux plus sel que poivre, la mine sévère et les yeux rougeoyants, Thabo Mbeki annonce sa démission. L’effectivité du départ, conditionnée au vote du parlement, prend effet le 25 septembre. Dans le sillage de ce Président arrivé presque à terme de son mandat, la vice-présidente et dix de ses ministres rendent leurs maroquins. Paradoxalement, presque personne n’est surpris.
Marc Ravalomana, un « coup d’Etat » mené par un maire. Il a été chassé du pouvoir comme il y est arrivé. Dans la contestation. Elu sous les protestations lors de la présidentielle de 2001, Marc Ravalomana ne se doutait pas qu’en vidant son bureau palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, le maire de la capitale et son rival le plus farouche prendrait place sur son fauteuil. Ce 19 mars 2009, lorsque l’homme d’affaires devenu président de Madagascar signe un décret transférant ses pouvoirs et ceux de son premier ministre à un « directoire militaire » présidé par le plus gardé, il descend les escaliers pour un exil en Afrique du Sud. Son rival Andry Rajoelina prend l’ascenseur pour accéder au sommet du pouvoir.
Et que dire de Robert Mugabé ? Jacob Zuma n’avait que trop résisté. Vivement que les Idriss Deby Itno, Paul Bya, Denis Sassou N’Guesso, Joseph Kabila, Nkurunziza et autres démissionnent ! Le pouvoir n’est pas la seule fin de la politique, non.

DON EBERT…

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