Nous sommes dans un pays qui se veut émergent. La politique de l’emploi se doit donc d’être en adéquation avec les objectifs du Président de la République. Ce qui n’est en réalité pas toujours le cas. Voyons un peu du côté de cette société qui exploite l’enseigne Shell en Côte d’Ivoire! Je voudrais bien avant expliquer aux profanes, le fonctionnement des essenceries; ce que nous appelons communément les stations services.

En effet toute société pétrolière construit ses stations dans un premier temps. Ces stations sont gérées depuis la direction de ladite société (gérance directe), histoire d’en estimer la valeur en location pour la céder à fin d’exploitation à des opérateurs selon les termes convenus du contrat (gérance libre). En cas de désaccord entre le locataire et la direction durant l’exécution dudit contrat il peut y avoir rupture et l’on revient à la gérance directe, et la société récupérant sa station en attendant de la céder pour exploitation à un autre acquéreur. Et le paiement des employés diffère selon que nous soyons dans une gérance directe, ou une gérance libre.

Dans le premier cas de figure donc, c’est la direction générale qui fixe les salaires des agents de la station. Dans le second, le gérant impose des salaires aux agents qu’il emploie, lesquels sont tenus de les accepter, ou d’aller faire valoir leurs compétences ailleurs. Mais comme vous le savez déjà, « affaire de travail est dur, on va faire comment? »

En général, tout agent qui rêve d’un salaire adéquat, rêve d’être employé dans une station en gérance directe donc par la société elle même, et qui est mieux rémunérée. Mais c’est tout le contraire, à Vivo Energy! Au lieu de se voir embaucher et payer directement par ladite société, c’est à une exploitation indigne à laquelle ils ont à faire face. C’est que le personnel des stations Vivo Energy dans le cas de la gérance directe, n’appartient pas à Vivo Energy, mais plutôt à « la Lavandière » , une entreprise d’emplois à temps partiel.

Cette dernière fait signer des contrats d’un mois chacun à tous les agents, dans les stations partenaires. Ainsi, vous verrez des agents qui sont en station depuis plus de deux ans sans être embauchés, sans que le ciel ne tombe sur la tête de leurs employeurs « esclavagistes » . Le salaire étant insuffisant, la couverture maladie proposée ne rencontre pas beaucoup d’adhérents.

A la pratique, les risques liés au boulot sont généralement assumés par les agents. J’aimerais donc par cet article, interpeller nos dirigeants sur cette situation qui ne fait qu’en rajouter à l’appauvrissement de la population.

PAUL KOUADIO

 

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