En Côte d’Ivoire, l’on sait que mal conduire et s’impatroniser en maître de la route est la chose la mieux partagée au sein des syndicats du transport. Et cela, au vu et au su de toutes les autorités qui gèrent ce secteur. Il y aurait en effet à boire, à manger, et même à vomir d’indigestion. A tout carrefour ou endroit où des véhicules de transport en commun appelés ‘’Gbakas’’ garent, il y’a toujours des propriétaires de la route pour leur réclamer la soulte ; oui car la route leur appartient et nul ne pourrait dire le contraire puisque cela se fait au vu et au su de tous. Il suffit seulement et nuitamment de graisser les pattes de certains responsables administratifs du secteur et des forces de l’ordre, et on prend cela comme un mal nécessaire. Gare au conducteur qui s’aventurera à ne pas payer ! il sera simplement et purement éconduit du tronçon, lui et sa vieille guimbarde. Une autre pratique donne le tournis : c’est le fait qu’aucune voiture de transport ne devrait charger aux abords des routes pour faire monter des clients qui ne se seraient pas rendus à la gare routière. Là encore il y’a des ‘’Gnambrô’’ pour vous faire payer votre incartade avec une amende d’au moins 2000 FCFA. C’est le cas de M. Y qui se rendait le samedi 1er février à Dabou pour les obsèques de son père qui n’a cessé de proférer des jérémiades contre ces syndicalistes d’outre tombe, et contre nos autorités : «Mais dans quel pays sommes-nous ? On ne peut pas emprunter un véhicule de transport librement sans qu’on ne nous rançonne. Ce sont eux qui ont le droit de nous faire monter dans un véhicule moyennant leur commission. J’ai honte pour mon pays… » N’ayez pas honte, cela est devenu une norme très cher concitoyen ! Pire toutes les voies du pays sont concernées. A l’intérieur du pays, on peut voir ces syndicalistes sous des appatam de fortune, guettant la moindre proie. Au carrefour de Toumodi lors d’une mission, M. T… en a fait les frais. Au lieu de se rendre à la gare pour emprunter un véhicule en partance pour Oumé au taux de la gare il préfère le prendre en cours de route au carrefour de Toumodi jouxtant l’autoroute, pour payer un prix moindre, galère oblige et économies nécessitant. Manque de pot pour lui, les Gnambrô le hèlent et lui disent d’attendre auprès d’eux le temps qu’un véhicule arrive. Et là, c’est leur tarif que vous payer puisqu’il y prélèvent leur taxe. Il décide de les laisser et de s’avancer à quelques mètres plus loin pour s’extirper de leur impôt et emprunter un véhicule de passage. C’est mal connaître ces propriétaires de nos voies qui s’engouffrent dans un des mini cars et le suivent avec une vitesse réduite, menaçant tous les véhicules qui daigneraient le prendre comme passager. Déterminé, M. T… continuera son chemin sur encore quelques bons milliers de mètres, jusqu’à ce que les ‘’Gnambrô’’ fatigués de le traquer dans sa résolution, rebroussent chemin. Ce n’est que quelques foulées plus loin qu’il arrive à héler un véhicule où il s’engouffre aussitôt, l’engin démarrant en trombe pour ne pas subir la furia de ‘’Gnambrô’’ qui l’auraient éventuellement repéré depuis leur poste de contrôle.

L’ARTI ne changera rien, sans volonté politique !

Et tenez-vous bien, alors qu’on peur régler ce problème d’anarchie dans le transport, l’on a jugé bon de créer une autorité pour le faire. En effet «le Conseil des ministres (du 30 janvier ndlr) a adopté un décret portant organisation et fonctionnement de l’Autorité  de Régulation du Transport Intérieur, en abrégé ARTI.

Créée en application de la loi n° 2014-812 du 16 décembre 2014 d’orientation du transport intérieur (LOTI) telle que modifiée par l’ordonnance n° 2018-09 du 10 janvier 2018, l’ARTI est une autorité administrative indépendante chargée de la régulation des transports intérieurs. Elle est dotée de pouvoirs de proposition, de veille, de conciliation et de sanction en vue de lutter efficacement contre la fraude et de mettre un terme au désordre constatés dans le secteur du transport intérieur. Compte tenu du développement des différents modes de transport intérieur, notamment lagunaire, routier et ferroviaire, la création de l’ARTI consacre ainsi la distinction nécessaire entre les missions de régulation et celles d’organisation des transports.» Bon vent à l’ARTI et bravo pour l’échec quasi programmé de sa mission, car sans volonté pas de résultats, alors que la corruption du secteur y a fait disparaître l’opiniâtreté dans la répression du désordre, depuis des lustres.

KONE YAO

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