En Côte d’Ivoire, la notion d’apprenti est bien différente dans le sens commun, de celle du droit du Travail ; qu’on soit dans l’ancienne, ou la nouvelle version. En effet à Abidjan un apprenti, c’est dans le jargon des mini-cars de transport en commun communément appelés ‘’Gbaka’’, ces personnes qui encaissent les passagers, et ont le corps à demi en l’air, et à moitié dans le véhicule.

Parce qu’il y’a une place qui leur est réservée tout juste à la portière qu’ils préfèrent louer aux passagers pour le trajet, ‘’parce que je dois avoir pour moi avant de rentrer’’ nous confie l’un d’eux. Bon nombre d’Ivoiriens le savent -eux que le goulot de la vie chère étrangle quotidiennement malgré la situation économique très favorable selon l’avis d leurs dirigeants- et qui sont obligés de se déplacer via des moyens de transport peu couteux. Mais tenez-vous bien, chez eux, il y’a le mot ‘’Gbra’’ qui veut dire descendre. De même que ‘’Gnambrô’’ qui sont des syndicalistes qui s’impatronisent à chaque gare de remplissage de ces voitures, et à qui chaque pprenti doit verser une soulte pour garantir sa mise en route. Sino, ils vont le ‘’daba’’ c’est-à-dire, lui faire passer un sale quart d’heure, lui ôtant désormais toute l’envie de bruler la politesse aux ‘’Gnambrô’’. Et il suffit d’emprunter un ‘’Gbaka’’ quand vous êtes un touriste, pour avoir un aperçu du vocabulaire du ‘’Nouchi’’ (argo ivoirien).

Et dans ces véhicules, c’est très souvent qu’i n’y a pas de monnaie. Mais là encore, ne vous inquiétez pas! Ils ont pensé à tout, ces apprentis, ou ‘’balanceurs’’ puisqu’ils se balancent et jouent les saltimbanques, le long du trajet. Il y’a une nouvelle trouvaille dans le secteur, l’association. Qui a le même sens que dans le monde associatif, c’est un ensemble de personnes ayant en commun la poursuite du même objectif. Sauf que pour l’apprenti, l’intérêt en présence, c’est la monnaie. Et moult fois des passagers qui ont des monnaies par exemple de 300 FCFA pour l’un et 200 FCFA pour l’autre de même que 500 FCFA pour une tierce personne que l’apprenti se doit de leur remettre, se verront remettre 1000 FCFA par l’apprenti à travers l’une d’entre elles, quitte à elles de se débrouiller pour que chacun s’en tire à bon compte.

Et hop, l’association a permis de régler un problème de monnaie. Les clients auront beau se plaindre, l’argent sera remis à l’un d’entre eux, et la voiture peut bringuebaler vers d’autres destinations.

Mais n’ayez pas la malchance voir le véhicule se vider avant la destination finale ! L’apprenti propose au chauffeur de ‘’raser’’ ou faire un ‘’rase go’’ c’est-à-dire rebrousser chemin et emprunter de nouveaux clients puisqu’il y’a affluence et qu’il faut en profiter pour se faire plein les poches. Dans une telle situation l’apprenti ou son adjoint (bien sûr) vous descend et négocie avec des confrères allant à la destination finale et qui vous prendront comme passagers moyennant quelque chose que paie l’apprenti. Si vous vous entêtez à refuser, l’apprenti vous dira ‘’vieux môgô je ne peux pas donner ton transport’’ ; parce qu’ayant cela en tête, il a pris le soin de réclamer le prix de la course à tous les passagers, à peine à 100 mètres, après le démarrage du véhicule. Nous y reviendrons…

KONE YAO

Commentaires Facebook