INTERVENTION DU PRESIDENT DE L’ONG CLUCOD ET DU ROCTA-CI LORS DU DEJEUNER AVEC LES MEMBRES DU FORUM DES DIRECTEURS DE PUBLICATION DE CÔTE D’IVOIRE(FORDPCI).

Le tabagisme est une pratique courante au sein des populations vivant en Côte d’Ivoire, n’épargnant aucune catégorie socioprofessionnelle. En Côte d’Ivoire, on estime le taux de prévalence du tabagisme à 14,6 % dans la population générale selon les données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) 2011-2012, avec plus de 5000 décès par an. Il constitue de ce fait un problème de santé publique. Le tabagisme est incriminé dans 90% des cancers du poumon, il aggrave les maladies respiratoires et il majore les accidents cardiovasculaires et les infarctus du myocarde. De plus, 33,1% de personnes sont exposées à la fumée secondaire.

Les conséquences du tabagisme sont multiples. Par exemple, le tabagisme favorise la déforestation, la pollution de la nappe phréatique (due à l’utilisation abusive de pesticides) et l’appauvrissement des sols. En plus des conséquences sur l’environnement, le tabagisme a un impact négatif sur l’économie. En effet, le tabagisme appauvrit les ménages des fumeurs (besoins de base difficiles à satisfaire) et favorise la perte de revenus. Le coût de la prise en charge des maladies liées au tabac est supérieur aux recettes générées par la taxe sur le tabac. Une enquête réalisée en 2005 a évalué à 28 milliards de F CFA le coût de la prise en charge annuelle des maladies induites par le tabac en Côte d’Ivoire.

Déjà bien engagée, à travers la création de certaines structures de lutte, la Côte d’ivoire a posé un grand pas en ratifiant la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Antitabac (CCLAT) en août 2010.
La CCLAT est un traité qui constitue la pierre angulaire de la politique de contrôle du tabac dans tous les pays. La CCLAT affirme l’importance des stratégies de réduction de la demande au même titre que la réduction de l’offre. Ces stratégies consistent en l’adoption de mesures de lutte antitabac qui visent à réduire, de manière considérable et continue, la prévalence du tabagisme et l’exposition à la fumée. Sa mise en œuvre est une composante clé dans le Programme d’action du ministère chargé de la santé de la Côte d’Ivoire à travers le Programme National de Lutte contre le Tabagisme et les autres addictions (PNLTA).
Afin de mieux protéger la santé humaine, la Côte d’Ivoire se doit d’appliquer les mesures allant au-delà des dispositions de la Convention et de ses protocoles comme le préconise l’article 2 alinéas 1 de ladite convention à l’endroit des signataires.
Cela ne peut se faire efficacement qu’à travers la prise d’une loi antitabac conforme aux dispositions de la CCLAT.
En conséquence, notre pays a le devoir d’adopter une nouvelle loi antitabac en conformité avec cet instrument juridique international ratifié par la Cote d’Ivoire en Août 2010.
Depuis la signature des instruments de ratification, l’adoption d’une loi antitabac reste toujours en attente. Le pays a élaboré un draft de l’avant-projet de loi antitabac dans le courant de l’année 2012. Deux ans après, le Gouvernement ivoirien a adopté le 17 décembre 2014 en Conseil des Ministres le projet de loi relatif à la Lutte Antitabac. Ce projet de loi, quelques jours après, fut soumis au Conseil Economique et Social pour avis et observations. Depuis 2014, ce projet de loi relatif à la lutte antitabac n’a pas encore été présenté devant le parlement pour adoption.
Nous, les organisations de la société civile en général et spécifiquement les ONG et les acteurs des médias se sont regroupées au sein du ROCTACI et du COMTATCI, RECTALSU) pour mener des actions de plaidoyer pour soutenir l’adoption de la loi et limiter l’interférence de l’industrie du tabac.
Nous pensons que nos actions quoique visibles ne sont pas suffisamment relayées par les médias de sorte à limiter l’interférence des firmes de tabac dans les politiques de mise en œuvre de la CCLAT en Côte d’Ivoire.

Mesdames et messieurs les Patrons de la Presse, nous comptons sur votre compréhension et sagesse habituelle pour soutenir notre lutte pour une meilleure santé de notre population. En effet les mass-médias constituent un maillon très important dans le dispositif de lutte antitabac (article 12 de la CCLAT).
Abidjan, le 14 novembre 2017

TALL Lacina
Contacts: (225) 59 57 17 84/05 86 22 46
Président du CLUCOD (Comité/Club Unesco Universitaire pour la lutte contre la drogue et les autres pandémies).
Email: clucod_ci@yahoo.fr
Président du ROCTA-CI(Réseau des ONG Actives pour le Contrôle du Tabac en Côte d’Ivoire).
Email: rocta_ci@yahoo.fr

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