L’épisode Billon terminé avec un protocole d’accords comme trophée, les agents du Ministère du Commerce veulent obtenir de leur nouveau Ministre l’octroi de primes adéquates.

En son temps, Moïse a dû invoquer le Dieu Tout Puissant pour que la manne descende du ciel afin de nourrir les Israélites affamés dans le désert. Mais autre tableau, c’est en Côte d’Ivoire et au lieu de la religion, c’est l’Administration! En effet Souleymane Diarrassouba qui a atterri au Ministère du Commerce en janvier 2017 après une brillante carrière bancaire, va devoir se frotter aux dures réalités du secteur public. Dès son arrivée et après qu’il ait soufflé, ses agents lui rappellent, particulièrement le Syndicat National des Agents du Ministère du Commerce de Côte d’Ivoire (SYNAMIC-CI), qu’il y’a des problèmes en la demeure. Oui, puisqu’un protocole d’accords avait été trouvé avec l’ex-ministre Jean Louis, pour que Billon propose au gouvernement un projet de décret portant revendications corporatistes des agents. Et le ministère changea entre temps, de mains. Quels poisseux, ces agents! Et retour à la case départ…

Au cours d’un atelier tenu en février dernier, il semble que de nouvelles propositions consensuelles sur les primes indiciaires avaient été validées pour être remises au Ministre à l’effet de signer un arrêté dans ce sens. Mais depuis lors, c’est l’omerta. La porte du ministre reste fermée aux agents qui ont sollicité un entretien à cet effet en vain, et aucun rapport officiel dudit atelier ne lui aurait été remis jusqu’à ce jour. Où sont donc passées les conclusions de ce fameux atélier ?

Et pourtant, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly avait trouvé ces revendications des agents justifiées, mais avait affirmé que l’Etat ne pouvait pour l’instant y faire face à cause de la grève des mutins et de celle des fonctionnaires, qui ont sérieusement dégrevé le budget de l’Etat. Il avait donc enjoint à Souleymane Diarrassouba via son Directeur de Cabinet, de trouver en interne les ressources pour les satisfaire. Et pour ces agents, cela est possible, à condition de savoir le quantum de primes dans l’année, et le prévoir dans les objectifs à assigner aux différentes directions dans leurs missions respectives. Véritable casse-tête Lilliputien pour Souleymane Diarrassouba quand on sait que des recettes du ministère, 40% vont dans les caisses de l’Etat, et 60% leur revient; laquelle somme est repartie comme suit : 40% pour le ministre et son cabinet, et 60% pour les primes à reverser aux agents. Peut-être qu’il ne voudrait pas exercer une ponction sur ce qui devrait être réservé à lui et ses plus proches collaborateurs, pour satisfaire la masse ?

Ce qui est sûr, il y’a d’ores et déjà beaucoup de bruits d’instruments de mesure dans la maison, et seul le gérant de ladite boutique pourrait y mettre fin en satisfaisant sa populace. Patience chers agents -même si c’est dur et que vous êtes les parents pauvres des régies financières étatiques-, sans doute que toutes les équations qu’il a entreprises jusque là, n’ont pas encore abouti au résultat escompté, et qu’en ce temps de jeûne, il trouvera le calcul miracle!

KONE YAO

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