C’est une histoire digne des petits entrechats de saltimbanques, où on joue entre agents et autorités, au chat et à la souris. Des entrechats il y’en a beaucoup et ça risque de s’étendre encore, au ministère de l’Intérieur. A telle enseigne que depuis son arrivée, Sidiki Diakité n’a de cesse d’essayer de contrer une grève qui prend l’allure de furoncle. Et pourtant depuis Hamed Bakayoko son prédécesseur, la paix devait être là. C’est que dès son arrivée et las de tous ces remous, l’actuel Ministre de l’Intérieur Sidiki Diakité avait convié ses agents, le ministère de l’Economie et des Finances, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), la Caisse générale de retraite des agents de l’Etat (CGRAE), et le ministère de la Fonction publique à un très sérieux séminaire à Bassam. Séance tenante, les agents obtiennent un satisfecit sur 8 points de leurs revendications, le neuvième étant de facto rejeté. Hourra, qui se transforme bien vite en un halètement de répit et de dépit, puisque la lutte ne fait que commencer!

8 points d’accord

Revenons sur ces petits acquis.

Tout d’abord les indemnités. Pour ces agents il est normal qu’ils en perçoivent puisque le sous-préfet et le préfet qui ne sont que des administrateurs ont eux, cinq indemnités : de salissure (ils se salissent dans leurs bureaux climatisés ?) ; de risque, des heures supplémentaires ; de logement, et de responsabilité. C’est alors la charité qui se foutrait de l’hôpital puisque tous les agents sont au chevet de leur dieu d’administrateur tant qu’il est au boulot, les gardes le surveillent, ils travaillent le samedi quand il doit le faire, mais n’ont droit à rien!

La deuxième satisfaction vient de l’intégration des gens de maison à la Fonction publique. Puisque ces derniers peuvent travailler comme collaborateurs des préfets pendant des dizaines d’années, et se voir remercier un beau matin pour bons et loyaux services, sans un sou. La preuve l’agent Gustave Emmanuel serveur à la résidence du sous préfet d’Andé, à été licencié par le sous préfet Moïse Aboua Assi, tout récemment. Il aurait mal dressé son couvert pour cause de grève? Poursuivons…

Ensuite vient la tarification des actes que demandent les agents. Oui car dans les sous-préfectures et certaines préfectures hors le prix du timbre obligatoire et payable au Trésor ou perception selon, les usagers paient des montants oscillant entre 1000 et 4000 FCFA qui est une comptabilité parallèle que ne voit jamais l’Etat et qui atterrit dans des poches bien dressées pour ce faire. Autant tarifer ces actes pour que l’Etat en profite, et que les agents bénéficient de primes trimestrielles, juste en instaurant une régie à cet effet. Demandez d’abord l’avis de ceux qui en profitent, très chers amis du Syndicat national des agents du ministère de l’Intérieur de Côte d’Ivoire (SYNAMICI).

Comme quatrième accord non encore appliqué, l’indemnité de logement très saisonnière des chefs de cabinet et des gardes de sous préfectures, à faire passer sur les salaires.

Ensuite, l’extension des indemnités des chefs de division de région, à ceux des départements, parce qu’outre ces divisions administratives qui relèvent de la discrétion des autorités, c’est le même travail qu’ils abattent. Logique, non!

Les agents de ce ministère revendiquent aussi la sécurisation des emplois de leurs collègues mis à la disposition des collectivités territoriales. Parce qu’un maire ou un président de conseil général qu’un agent empêcherait de gouverner en rond, a vite fait de le mettre à la disposition de la Fonction publique.

Ouf, le denier point, c’est la gestion assez bizarre des contractuels. Ils sont employés pour pallier le manque de personnel, travaillent tous les 12 mois de l’année, mais ne perçoivent que des émoluments sur 7 mois. Une demi-pension salariale, sans doute qu’on a omis de souligner dans leurs contrats! Le neuvième point qui est l’extension de l’indemnité de logement à tous les agents, n’a pas été retenu. Comme si même ceux retenus avaient connu un début d’application!

Un Conseil des ministres qui tarde à voir le jour

On fera un projet de décret avec ampliations aux ministères concernés, et vous verrez vos revendications consolidées, être mises en pratique. Et depuis lors, aucune administration n’a reçu ce fameux document qui serait certainement à terre dans un des couloirs des archives dudit ministère. Pauvres agents qui n’avaient pas pu être visionnaires pour voir de loin cette supercherie! Et les supputations iraient bon train, allant de la mauvaise foi des autorités, au décaissement détourné ou non encore reversé… Trêve de commentaire, seule une grève pourrait mettre la lumière sur ce flou. Voici la petite histoire du petit bouton qui devient un abcès suppurant et par après cancéreux!

Les démiurges du ministère de l’Intérieur

Au sein de ce ministère, une grève peut vous coûter cher auprès de votre supérieur hiérarchique. C’est que chacun veut tellement se faire remarquer en tant que bon administrateur pour gravir les échelons, qu’il n’ose pas à la moindre incartade faire preuve d’un zèle digne de celui de David devant Goliath.

Deux petits exemples pour étayer nos propos : Un syndicaliste dudit ministère en service à Tiassalé, a été muté à Kani sur plainte du préfet de département avec qui il travaille, M. Gouessé Jules. Alain Crépin Brou n’avait donc pas à être secrétaire national adjoint à l’administration, du SYNAMICI! Même son de cloche pour le secrétaire national à la communication et à la mobilisation Jean Louis Kasson Nouhan et Bi Luc Niangoran le sous départemental de Taabo mutés sans l’avoir demandé.

Heureusement que la hiérarchie très administrative, aurait conseillé de ne pas confondre l’Administration, et l’Inquisition! Et depuis lors, ces revendications rejoignent les premières, et crèvent l’abcès du furoncle qui non traité, s’est transformé en un cancer en phase première. Qui devrait être soigné rapidement si le médecin accourt vite au chevet de ce ministère qui essuie une énième grève cette semaine!

KONE YAO

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