J’ai donc quitté l’Eburnie, après plusieurs semaines hélas pluvieuses passées à Abidjan. Mon dernier séjour remontait à plus d’un an, ce qui m’a donné un recul – voire une lucidité – dont je ne disposais pas quand je revenais chaque bimestre ou chaque trimestre à Babi. J’aimerais vous faire part de mes impressions, guère favorables je dois l’avouer : le charme de la « Perle des lagunes » n’a pas opéré sur moi, cette fois-ci.

Pourquoi ?

D’abord parce que j’ai trouvé la ville sale et déglinguée : partout les trottoirs sont défoncés et il faut vraiment faire attention à là où l’on pose ses pieds, entre mares d’eau stagnantes, moellons, parpaings, ferraille rouillée, amas de planches cassées, etc. Nombre d’immeubles présentent des façades lépreuses, ou ont été commencés sans être terminés. A l’intérieur, les parties communes sont mal ou pas entretenues, les escaliers sales, les cours transformées en dépotoirs. Et presque dans chaque quartier, plus ou moins dissimulés par de la végétation, on trouve des tas d’ordures, qui souvent bouchent les caniveaux.

En outre, j’ai observé un enlaidissement architectural autant que le gaspillage du foncier. Le trajet d’Abidjan à Bassam en porte témoignage : programmes immobiliers impersonnels composés de clapiers à lapins alignés, rive et plage souillées depuis Azuretti, vieilles bâtisses du quartier France toujours laissées à l’abandon, quartier Mockeyville sans routes goudronnées et sans unité architecturale, enfin constructions en majorité de plain-pied ou sur un seul étage consommant trop de terrain.

(la suite demain !)

Eric Bohème

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