Dans le cadre de la sensibilisation de la communauté LGBTI pour le respect de leur droit et l’accès aux soins, par le Panos en partenariat avec le Repmasci, Nous avons rencontré LKM,un UD qui s’est prêté à nos questions.

Pensez-vous que votre choix de vie fasse de vous une personne différente des autres ?

Non ! Pas du tout, dans le sens où je suis une personne normale comme tout le monde. C’est seulement ma vie sexuelle qui est différente ainsi que mon addiction.

Est-il facile d’assumer ce choix ? Quels sont les problèmes que vous rencontrez au quotidien ?

Il n’est pas du tout facile d’assumer ce choix dans nos pays d’Afrique. Au quotidien, nous sommes confrontés aux problèmes de stigmatisation, de rejet, de calomnie. Dès que l’on sait que tu es un usager de la drogue, le regard des autres change à votre encontre à plus forte raison quand tu es HSH. Difficile mais on fait avec.

Comment se comporte votre entourage face à cela ?

Au départ, ça vraiment été difficile au sein de ma famille. Quand ils ont su, tout le monde était peiné et déçu. Ils avaient honte à cause des voisins et du quartier qui voyaient en cela un total échec des parents dans mon éducation. Mais aujourd’hui, avec le temps, pas qu’ils soient d’accord avec mon choix mais ils l’acceptent comme ça et ça va.

Parlant de la sécurité, comment vous faites pour ne pas vous mettre en situation de conflits ?

Notre sécurité n’est pas assurée mais nous ne sommes pas pour autant en danger permanent. Heureusement en Côte d’Ivoire, les gens ne sont pas trop violents du point de vue de la violence physique mais c’est plutôt verbale avec des injures et des malédictions. Il suffit de savoir respecter leur point de vue tout en restant dans notre coin en luttant pour le respect de nos droits. Nous espérons que la sensibilisation des ONG pour les droits des LGBTI aidera la population à nous comprendre.

L’accès aux hôpitaux est-il facile pour vous ?

Oui petit à petit les choses évoluent. Les uns ont facilement accès aux soins et peuvent se faire dépister sans problème quelque chose qui était difficile auparavant. C’est à dire que la lutte porte déjà des fruits.

Que pouvez-vous dire à l’endroit des personnes qui ne vous comprennent pas ?

Déjà il faut savoir qu’on ne leur en veut pas. C’est une question de méconnaissance de la chose. S’ils ne nous acceptent pas, C’est simplement parce qu’ils ne comprennent pas, Ils n’ont pas de connaissance sur le sujet c’est pourquoi ils pensent que nous sommes anormaux. C’est à nous de leur faire comprendre au travers des sensibilisations que nous sommes comme eux. Nous avons juste une orientation sexuelle différente.

Propos recueillis par Mireille Appini

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