Ce qui se passe depuis cinq mois au ministère de la Jeunesse, de l’Emploi des Jeunes et du Service civique est un vrai feuilleton à rebondissements. En effet, le 20 septembre 2017, l’administrateur de l’Agence Emploi jeunes licenciait 80 des agents de la structure censée faire la promotion de l’emploi en Côte d’Ivoire. Leur péché, avoir osé revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail en faisant trop de bruits pas au goût du jeune ministre Sidy Touré. Les 41 fonctionnaires qui font partie des licenciés sont mis à la disposition du ministère de la Fonction publique pour « faute lourde » qui est le fait de grève. Le ministère de la Fonction publique qui connait les règles de l’administration renvoie les agents dans leur ministère d’origine.

Les collaborateurs du Général Issa Coulibaly selon la connaissance qu’ils ont du code de la Fonction publique, se disent que leur motif de mise à a disposition de leur ministère d’origine est tout, sauf une faute lourde. Heureusement qu’il y a encore quelques sachants dans notre administration publique! Séance de pardon, saisine du Conseil national de dialogue social, médiations diverses… Tout y est passé, mais le ministre Sidy Touré est resté inflexible. Quand les agents licenciés saisissent l’intersyndicale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire dont le porte parole principal est Jean Yves Abonga Koutouan courant novembre 2017, les conférences de presse et autres demandes d’audience n’ont encore nullement entamé le caractère irrévocable de la décision du jeune ministre. Décembre 2017, l’agence emploi jeunes recrute 40 nouveaux agents. Certains sont mêmes parachutés à des postes de responsabilité comme la sœur de la ministre Kandia Camara qui occupe le poste de directrice régionale de l’agence emploi jeunes de la région du Gbèkè, à Bouaké. Ne vous y méprenez pas, ce n’est qu’une coïncidence!

Avant les fêtes de fin d’année, les contractuels reçoivent ce qu’ils appellent « leurs droits », via leurs comptes bancaires. Les fonctionnaires quant à eux, sont purement et simplement mutés pour la plupart dans le septentrion ivoirien pour qu’ils puissent réfléchir désormais plusieurs fois avant de défier le démiurge Sidy Touré. Qu’ils auront passé une fin d’année difficile, ces licenciés pères et mères de familles qui pour la plupart attendaient leurs primes, pour faire bombance! Pour L.S, un responsable syndical, le jeune ministre « en licenciant à l’agence Emploi jeunes, pose ainsi un acte fort dans le sens de la rupture de la trêve sociale signée entre syndicats et gouvernement en Août 2017. Et le Premier ministre, chef du gouvernement, devrait normalement lui remonter les bretelles. » C’est dans cette ambiance maussade dans son département ministériel que le ministre Sidy Touré sera ce lundi 15 Janvier 2018 à la maison de la presse au Plateau devant les journalistes pour dérouler son programme. Quand on licencie alors qu’on doit promouvoir l’emploi des jeunes, il ya de quoi en pleurer…Mais on est en Côte d’Ivoire le pays où tout va bien, même quand ça ne va pas!

DADIÉ KOBÉ DE ZUÉNOULA

NB : CONFÉRENCE DE PRESSE DE L’IFCI DU DIMANCHE 14.01.2018 PROPOS LIMINAIRES :

Mesdames et messieurs les journalistes, merci beaucoup d’avoir répondu à notre appel. Nous voici à notre 3e conférence de presse relative à ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire du licenciement abusif à l’agence emploi jeunes. L’intersyndicale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire (IFCI) a été saisie de cette affaire début novembre 2017 et nous avons animé une conférence de presse pour informer l’opinion nationale et internationale. Pour rappel le 20 septembre 2017, 80 travailleurs de l’agence emploi jeunes ont été licenciés abusivement. Dès cet instant, les agents licenciés et l’IFCI se sont résolument inscrits dans une dynamique de dialogue et de conciliation aux fins de trouver une issue heureuse à la crise conformément aux dispositions portant trêve sociale.

Nous avons saisi le Ministre Sidy qui n’a pas daigné recevoir l’IFCI. En lieu et place ce fût l’admnistratreur qui se charge de repondre à notre demande d’audience pour amorcer la conciliation. Après plusieurs rencontres, il faut avoir le courage de le dire: les négociations ont échoué. En effet, les fonctionnaires de l’agence emploi jeunes mis à la disposition du ministère de la fonction publique (qui heureusement n’a pas suivi et les a ramené au ministère de la jeunesse, de l’emploi des jeunes et du service civique) ont été tous réaffectés de manière punitive le 15 décembre dernier. Pendant ce temps, les contractuels se sont vus payer ce qu’ils appellent leurs droits. Et tous ces actes ont été posés pendant que nous étions en négociation. Or, l’IFCI demandait leur réintégration. L’agence Emploi Jeunes est allé plus loin en procédant à de nouveaux recrutements certainement en remplacement des agents expérimentés dont certains comptabilisaient plus de 15 ans de service. En définitive le Ministre indique aux travailleurs de Côte d’Ivoire que revendiquer ses droits est illégal et est une faute lourde. Face à cette situation, l’intersyndicale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire :

  • Dénonce le refus obstiné de dialoguer du Ministre Sidy déchirant ainsi la trêve sociale et le tiendra responsable d’éventuelles ébullitions du front social qui pourraient en découler.
  • Interpelle le Premier ministre, chef du Gouvernement pour que les 80 licenciés abusivement de l’Agence Emploi Jeunes soient réintégrés. Il s’agit de pères et de mères de famille qui ont passé une fin d’année difficile, certains sont même de grands malades.
  • Appelle tous les travailleurs de Côte d’Ivoire à se dresser comme un seul homme face à cette entrave à notre liberté de revendiquer reconnue par la constitution, le statut général de la fonction publique et le code du travail.
  • Se réserve le droit d’utiliser tous les moyens légaux pour que cette injustice soit réparée.

Je vous remercie.

Fait à Abidjan le 14 janvier 2018 Pour la Haute Direction de l’IFCI

LE PORTE PAROLE PRINCIPAL JEAN YVES ABONGA

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