Au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité de Sidiki Diakité une sorte de discrimination est volontairement créée : Les agents avec des salaires au rabais, et les administrateurs privés fortement revalorisés. Voici ainsi planté le décor au ministère de l’Intérieur où une grève paralyse les services…

Petit retour en arrière

Répondant au mot d’ordre du Syndicat National des Agents du Ministère de l’intérieur (SYNAMICI) les fonctionnaires et agents du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité de Sidiki Diakité observent une grève de 7 jours reconductibles depuis le lundi 23 avril 2018, en vue d’exiger la signature du décret portant indemnité d’astreinte à tous les agents du MIS ; la signature du décret portant tarification des actes émanant des services du MIS en vue de la création d’une régie pour l’institution des primes aux agents ; la signature du décret portant création de la police préfectorale et la levée de toutes les sanctions et différents abus infligés aux fonctionnaires et agents pour faits de grève.

C’est que depuis 2016, plusieurs mouvements de masse ont été menés en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail des agents de ce ministère. Ces actions ont abouti à l’organisation par la tutelle d’un séminaire censé mener des réflexions en vue d’apporter des solutions définitives aux revendications des agents. Depuis la tenue dudit séminaire les 17 et 18 octobre 2017 qui a validé l’ensemble des revendications présentées par les syndicats, aucune volonté de concrétisation n’est observée de la part de la tutelle qui ne cesse de présenter du dilatoire aux syndicats. C’est ainsi que exténués, les agents ont décidé de passer à l’offensive.

En effet, l’AG du SYNAMICI du 7 avril dernier a instruit le SG National Yves Désiré Séry à l’effet de déposer un préavis de grève, chose qui a été faite depuis le 9 avril soit 3 jours avant la rencontre du Corps préfectoral par le PR à Yamoussoukro. Depuis 9 ans soit 2009, les agents du Ministère de l’intérieur courent après des revendications face auxquelles la tutelle fait la sourde oreille. Mieux encore elle s’est rendue experte dans toutes sortes d’abus visant à étouffer les grèves par l’entremise de son appareil répressif qui est à la Direction générale de l’administration du territoire (DGAT).

Les préfets, ces opportunistes (  »égoïstes » !)

Dès que le SYNAMICI a annoncé la grève, l’occasion a fait le larron. Le corps préfectoral a profité de l’instabilité qui règne au sein du ministère du fait des grèves à répétition pour faire planer le spectre d’une grève du corps préfectoral sur les réseaux sociaux. Cela a suffi pour qu’ils soient reçu en grande pompe et que leur revendications soient prises en compte. Ils sont allés plaider leur alignement aux grands corps de la république en omettant froidement les revendications des agents qui secouent le ministère depuis plus de deux ans. Bien malins, non!

Et bingo, puisque le président de la République, Alassane Ouattara a annoncé le jeudi 12 avril 2018, à Yamoussoukro que le statut des préfets, secrétaires généraux de préfecture et sous-préfets sera aligné au même niveau que celui des autres grands corps de l’Etat : « Votre rôle dans l’édification de notre pays ainsi que dans la performance de notre Administration implique naturellement l’alignement de votre statut au même niveau que celui des autres grands Corps de l’Etat… Nous avons ainsi initié des programmes d’équipement des bureaux et des résidences et de dotation de véhicules de commandement dans le cadre du Programme Présidentiel d’Urgence (PPU). Cependant, il est nécessaire de maintenir le parc automobile en état de bonne marche et de rénover des résidences et bureaux. Ce travail s’effectue dans le cadre des programmations budgétaires annuelles. Nous y accorderons une attention particulière. Nous avons également été saisis des préoccupations des personnels de l’Administration territoriale. Le Premier Ministre a donné des instructions au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité afin qu’il transmette un mémo sur l’état complet de la situation ainsi que les implications budgétaires. Les autres mesures d’amélioration de vos capacités d’action ont été examinées par le Premier Ministre et des mesures seront prises très prochainement » s’est exprimé le président Alassane Ouattara.

Commentaire : « On se retrouve dans un ministère à deux vitesses créé et entretenu par les membres du corps préfectoral qui ont toujours cette vision très colonialiste de l’administration. Tout pour eux et rien pour les agents. Et ils sont sans état d’âme quand il s’agit de réprimer des mouvements revendicatifs (mutations abusives, licenciements, suspension de solde, emprisonnement, etc). Mais le Synamici et l’ensemble des agents est déterminé à aller jusqu’au bout pour cette fois. Le mot d’ordre ne sera levé qu’après satisfaction globale des revendications mentionnées sur le préavis. Pour la première semaine nous sommes a environ 95% de suivi ; malgré cela la tutelle n’a pas daigné lever le petit doigt. C’est cela le mépris qui prévaut au Ministère de l’intérieur et de la sécurité » comme si les agents du MIS abhorreraient eux aussi, de vivre décemment…

KONE YAO

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