Comment qualifierons- nous la grève des enseignants? Pour ivoiregnerie c’est “une bouillabaisse composée d’ingrédients que sont la revendication légitimes, la mauvaise foi, l’égo démesure, et les coups bas”. En effet l’Intersyndicale des fonctionnaires de Cote d’Ivoire et la plateforme nationale respectivement dirigées par Jean Abonga et Zadi Gnagna ont été auréolés de victoires dantesques. Qui sont le paiement des arriérés, le régime de pension, l’intégration d’agents journaliers a la Fonction publique… Mais cette victoire a eu un arrière gout très amer qui est la signature d’une trêve sociale d’une lustre. Cinq ans sans faire grève… Sont-ce des syndicats ou des associations quand on sait que l’essence syndicale est la revendication? Aussi, les syndicats membres de ces deux consortiums ont-ils décidé de suivre à la lettre cet accord de dupes signe avec les autorités. Avec à la clé quelques espèces sonnantes et trébuchantes (!?) . C’est sans connaître leurs congénères fonctionnaires qui eux, n’en ont cure. 

La COSEF-CI et la rupture de la trêve sociale

une trêve sociale serait tuer le syndicalisme. Oui car des revendications étaient en suspens. Alors se crée spontanément une coordination des syndicats du secteur éducation-formation pour revendiquer des taux d’indemnité de logement dignes des enseignants. L’IFCI et la Plate forme sont des lors leurs pourfendeurs et les invitent a respecter l’accord. Le gouvernement les interpellera même a ce sujet, et ils décident d’œuvrer dans ce sens. De l’argent aurait-il coule lors de la signature de la trêve et lors de ces injonctions? Mais mue par la légitimité de ses revendications, la Cosef ci bravera cette menace des autorités et paralyse l’école ivoirienne depuis bientôt un mois. Parce que les syndicats membres de la plateforme et de l’IFCI restent dans leur coin, mais ceux de la Cosef ci arrêtent le travail et paralysent l’école. Et les langues commencent a se délier comme pour reprendre du poil de la bête.


Une tentative de repositionnement qui ne tient pas la route

l’IFCI et la plateforme voyant leur cote de popularité décroitre, essaient de manœuvrer a travers des déclarations assez confuses. Selon elles donc, c’est le gouvernement qui a crée cette chienlit en n’instaurant pas un cadre de discussion institutionnel formel et perenne qui apaiserait le climat social. Tout en ajoutant qu’on ne saurait empêcher des syndicats de faire la grève. Alors que la Cosef ci leur demande simplement de rejoindre le mouvement. C’est trop leur demander, en effet! Ont-ils deale avec l’ennemi a tel point de ne pouvoir faire un revirement extraordinaire? Écoutons un syndicaliste a qui la question a été posée, nous répondre: “je ne sais pas si les têtes pensantes ont été corrompues mais nous ne voulons pas que la Cosef ci une fois la victoire obtenue, puisse se targuer de cette grande prise. Ou étaient-ils quand nous obtenions des acquis lors de nos récentes grèves? En matière de syndicalisme, le positionnement et la stratégie sont importants”. Ils gagneraient a se revoir puisque la grève inquiété de plus en plus nos dirigeants -même si les enseignants n’ont pas d’armes mais plutôt la craie et le feutre- tendent vers la résignation pour prêter une oreille attentive a ces revendications. Et la, les syndiques feront vite de changer de syndicats en cotisant pour des coalitions qui seraient prêts en tous temps a les défendre.


Gouvernement: deux poids, deux mesures?


Le gouvernement a vite fait de céder devant le crépitement des armes et de l’argent, mais semble sourd a la chaux et au feutre. En effet quand les militaires et les régies financières sont en rogne il faut les calmer mais les enseignants qui n’ont de cesse d’écrire et parler, ils peuvent jaser et s’égosiller. Et surtout quand la grève des enseignants n’est pas inscrite a l’ordre du jour, il y’a quand même un pas a ne pas franchir, tout de même, chers gouvernants! Un père devrait accorder la même attention a ses enfants,et tous, sans exception, n’est-ce pas? 


KONE YAO

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