Nous nous rappelons tous pendant l’enfance où à l’école primaire lorsque survenait une risque entre enfants au cours de laquelle l’un affirmait pour énerver son adversaire cette injure devenue légendaire : «ta mère c… » ; Les points de suspension c’est juste pour le respect du lecteur qui a sans doute deviné les deux lettres (la voyelle et la consonne qui suivent). Et c’est dans cette même gadoue que se pavanent verbalement nos politiciens ivoiriens. Tout récemment, le sphinx de Daoukro avait traité la rencontre entre son épouse et celle du président Alassane Ouattara dans un contexte politique de crise entre les ex-alliés, de banale. Alors que c’était un non-évènement, cela a suffit pour voir suivre une levée de boucliers. D’abord pour Kandia Camara ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et professionnel qui se revêt plus souvent de ses attributs politiques que de ceux qui devaient s’occuper du bien-être de l’école ivoirienne, qui affirme : «Je voudrais dire au président Bédié que cette rencontre entre ces deux grandes dames n’est pas un fait banal et relever qu’elle a été beaucoup appréciée par les Ivoiriens et les Ivoiriennes qui souhaitent d’ailleurs que l’exemple suivi par ces deux grandes Dames soit suivi par leurs époux». Et Maurice Kacou Guikahué le secrétaire exécutif du PDCI, de se voir dans l’obligation de répondre, en affirmant : «Elle ne peut se permettre de faire la morale au président Henri Konan Bédié quand il parle de son épouse. Madame Kandia Camara doit se référer à son dictionnaire pour savoir le sens du mot banal». Et Kandia Camara de rétorquer à nouveau, brisant cette fois-ci avec la condescendance –même teintée d’allusion d’ignare- qu’avait utilisé Guikahué, jusqu’à le tutoyer : «Quand tu n’as rien à dire tais-toi. Surtout quand on dit de rassembler, quand on te nomme secrétaire exécutif d’un parti, ta mission c’est de rassembler, d’élargir la base de ton parti, d’accroître le nombre de tes militants. Mais si toi ton rôle, chaque semaine, c’est de chasser les gens de ton parti, de diviser les gens dans ton parti, de faire en sorte que les gens se lèvent pour sortir de ton parti, à ta place, aujourd’hui, Guikahué, j’allais démissionner de mon poste». Comme si en tant que SG du RDR, elle avait le même nombre de militants qu’à sa nomination ! Prenons un autre exemple pour étayer la tristesse du débat politique ivoirien. Adama Bictogo ponte du RDR et affairiste embourgeoisé faisant partie des oligarques au pouvoir demandait au président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro qui ne se sentirait pas du RHDP comme bien d’autres de démissionner, avant le congrès constitutif du 26 janvier prochain. Et comme cela se fait tristement en Côte d’Ivoire chaque homme politique attaqué répondant par ses haut-parleurs, Alain Lobognon homme lige de Guillaume Soro a vite fait de répondre à Adama Bictogo : «Soro Guillaume quittera sa fonction quand il aura choisi de la quitter». Dans la même veine un autre sbire Franklin Nyamsi s’y met, pour le compte de son mentor Guillaume Soro, bien entendu ! «Dans la constitution ivoirienne, les trois pouvoirs de l’Etat (exécutif, législatif, judiciaire) sont séparés et aucun ne peut destituer l’autre: il n’y a qu’un (…) comme Adama Bictogo pour croire que la non-appartenance du Chef du Parlement à son machin pseudo-Unifié peut justifier sa démission. Élu pour toute la durée de la législature, le Président de l’Assemblée Nationale ne bougera pas au gré des humeurs de quelques commerçants du marigot politique local. Tenez-le vous bien pour dit et consultez votre cardiologue si ces évidences constitutionnelles vous font mal ! » Belee démonstration parsemée de figures stylistiques dont la visée saute aux yeux comme une facture salée de la CIE ! Aussitôt Zié Konaté un proche de Guillaume Soro comme dans une danse à la fois synchronisée et endiablée, va enfoncer le clou dans le pan de la palissade déjà lézardée: «Est-ce à vous la Côte d’Ivoire ? Toi Bictogo, ton village, c’est où ? Peux-tu parler ainsi à Agboville devant les Abbey ? Bictogo, je te respecte mais il faut que tu arrêtes. Vous prenez les chicotes et les épées pour contraindre tout le monde à militer dans un parti politique qui n’est même pas encore constitué. On ne sait même pas quels sont les textes qui dirigent le RHDP, on ne sait pas comment cela fonctionne, on ne sait rien de cette machine.» Ce à quoi Adama Bictogo -évidemment- a répondu en affirmant qu’il vient d’Agboville et ‘investit pour cette localité. Comme si les Ivoiriens, de ces palabres, en avaient cure!

La faiblesse de l’offre politique ivoirienne
C’est une véritable honte pour les Ivoiriens qui ont beaucoup de cadres mais qui au vu de l’élite politique ne semblent pas avoir choisi les meilleurs pour diriger leurs partis respectifs. En effet au moment où la tendance est à l’amélioration du quotidien des populations, ceux qui les dirigeants ou veulent les diriger, ne leur proposent rien de concret. C’est à désespérer! Oui parce que les loyers sont chers en Abidjan, le salaire minimum ne permet plus à une famille de se nourrir convenablement, le coût de la vie est à bord d’une fusée quand les Ivoiriens sont à pied, les revendications légitimes corporatistes des fonctionnaires sont brandies, sans incidence aucune. Aucun parti politique ne fait de son apanage l’amélioration du quotidien d’une population qu’il veut diriger. Si les Ivoiriens n’entendent pas parler de RHDP, c’est d’une nouvelle alliance démocratique en vue de chasser les ex-tenants actuels du pouvoir. RHDP, Alliance démocratique avec toutes les forces vives éprises de paix, mais avec quel programme de gouvernement ? Le PDCI ne s’est-il pas recroquevillé sur lui-même juste parce qu’il veut simplement le pouvoir d’Etat et non pour les Ivoiriens prioritairement ? Le RDR à son tour ne se servirait-il pas des deniers publiques -d’un Etat assez financièrement essoré et endetté- pour attirer dans son escarcelle le maximum de personnes en vue de perdurer au pouvoir et de profiter des retombées ? Quant au FPI pro Gbagbo ou GOR, ne se préoccupe t-il pas plus de sa prophétie messianique du retour au pouvoir de Laurent Gbagbo que de tout autre débat ? Et sur cet aspect de la gouvernance, les Ivoiriens, les journalistes, la société civile, préfèrent s’en donner à cœur joie à des guéguerres politiques stériles qu’ils commettent à longueur de journées insipides, qu’à des projections formelles pour ce pays qui a tant souffert de ses piètres politiciens, mais qui semble n’en être qu’au commencement. Tant le véritable homme politique est rare en Côte d’Ivoire alors que les politiciens -à part quelques illuminés qui peinent à convaincre un peuple masochiste-, ça foisonne comme des ‘’Gbakas’’ !

KONE YAO

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