Depuis le 6 aout dernier, c’est à se crêper le chignon pour savoir lequel des trois grands partis arrivera au pouvoir en 2020, bien sûr avec l’appui d’un des deux autres. Parce que contrairement aux Mathématiques ou 1+1 est égal à 2, en Côte d’Ivoire, au deuxième tour des élections, 1 (FPI, PDCI ou RDR) + 1 (FPI, PDCI ou RDR)=1 (FPI, PDCI, ou RDR). Deux partis seront en pôle position au deuxième tour, et celui qui sera tombé aux urnes dès le premier tour viendra renforcer l’un, pour battre l’autre. Quitte à gérer le seul poste de président, avec l’allié nous ayant porté au pouvoir. Ouattara et son parti le RDR, étaient fragilisés, depuis que le PDCI a décidé de ne pas aller en RHDP unifié ; et un nouveau gouvernement sans les caciques du PDCI version sphinx de Daoukro, ne l’a pas fait plier. Il va même présenter ses propres candidats aux municipales prévues pour le 13 octobre prochain, et décider de la rupture entre le PDCI, et le RHDP. Intéressant, ça, pour les nerfs! Et depuis cette scission d’avec le parti à qui il a permis de diriger 10 ans durant la Côte d’Ivoire et qui ne veut pas lui rendre ce même service du moins aussi facilement même si le défunt Houphouët en aurait été témoin, le PDCI clame haut et fort, qu’il présentera son candidat, en 2020. Il a dans cette optique commencé à draguer le FPI, le COJEP de Blé Goudé, envoyé des émissaires à La Haye, pour d’ores et déjà chercher à tisser une alliance des plus solides. Mais à côté, la dame de fer du FPI Simone Gbagbo, n’entend pas lâcher prise. Car si l’Eternel des armées l’a fait sortir de prison comme elle aime à le dire, elle entend se baser sur le roc Aboudramane Sangaré et son armée de Gbagbo ou rien (GOR), pour aller à la conquête de 2020. Reste à savoir si la stratégie se basera sur le célèbre prisonnier de Scheveningen, un cadre du FPI qui va battre le rappel de ses exilés, où sur Ouégnin de l’EDS dont la clairvoyance politique a redonné du tonus à l’opposition. Et même plus loin, ironie du sort mais impossible n’étant pas politique ivoirienne, un débarqué du parti autrefois paria des pontes comme Simone Gbagbo, mais qui pourrait faire l’affaire, à cause de son image politiquement correcte. Mais un autre gros morceau est là le RDR qui entend garder le pouvoir d’Etat, aussi longtemps que possible, et veut jouer de toutes les cartes pour ne pas se voir déchoir de son trône. Déjà, il y’a la libération des 800 prisonniers pour essayer de repositionner son leader dans l’esprit des populations, la prochaine réforme de la CEI même si ces acquis ont été obtenus au forceps à cause de l’UE, et autre variante à ne pas laisser de côté, au cas où un troisième mandat deviendrait une pilule amère à avaler pour un des cadres de la case verte, jouer l’ultime carte Guillaume Soro. Ce jeune requin aux dents longues pour qui 2020 n’est pas encore là, mais qui n’est pas à exclure. Libérer Soul To Soul le bras droit de Guillaume Soro dans la vague de prisonniers quasi-politiques, alors qu’il y’avait des soupçons graves pesant sur lui et qu’il n’entrerait pas dans cette catégorie, ne le rapprocherait-t-il pas d’ADO ? Surtout qu’un gentleman agreement existerait entre ces deux politiciens, eu égard à un renvoi de l’ascenseur en 2020. Guillaume Soro ne l’avait-il pas ébruité ?

Guillaume Soro, à la croisée des chemins !
Guillaume Soro qui a un mouvement qui est le Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (RACI) formé de jeunes à l’origine FPI, essaie depuis quelques temps d’unir autour de sa personne les anciens de la Fesci au rang desquels se trouve Blé Goudé, se dit disciple de Laurent Gbagbo. Quoi de plus normal donc d’essayer dans un futur proche de rassembler autour de sa personne tous ces différents mouvements pour draguer un électorat assez considérable du FPI, si le RDR ne le soutient pas, pour se ‘’macroniser’’ ? Parce qu’une chose est sûr, Guillaume Soro essaie tant bien que mal de rester à équidistance de tous les partis y compris celui du PDCI dont il se dit le fils du sphinx, pour rafler la mise, le moment venu. Comme si quelqu’un pouvait faire l’unanimité ! Qu’il n’oublie surtout pas cette célèbre phrase de Fologo, «un pied dedans un pied dehors, c’est dehors ! » Mais une chose est certaine c’est qu’avec cet imbroglio politique, Laurent Gbagbo devient de plus en plus incontournable et il suffirait qu’il dise une seule parole, pour faire pencher la balance en faveur de… 2020, nous le dira !

Un remake de 2010 ?
Tout semble désormais acté que l’adversaire à abattre sera le RDR. En effet les partis politiques ivoiriens ont la fâcheuse manie de toujours s’allier contre celui qui est au pouvoir, en place. Ils veulent tellement diriger les ivoiriens, où se raccommoder et remplir leurs poches trouées depuis qu’ils sont dans l’opposition. Hélas le jeu politique ivoirien se redessine toujours autour de ces trois grands partis, de leurs partisans fanatiques et la majorité d’ivoiriens qui n’ont pas encore atteint la maturité politique de voter un programme et non un individu, et tout porte dès lors à croire du moins encore en 2020, qu’1+1 sera toujours égal à 1 !

KONE YAO

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