La Commission électorale indépendante et notamment sa composition, divise la classe politique ivoirienne. Sur saisine de l’ONG APDH, la Cour africaine des droits de l’homme l’avait déclarée illégale, et avait invité les autorités ivoiriennes à revoir sa composition et sa direction. Nos dirigeants avaient répondu par une alchimie juridique selon laquelle il fallait certes tenir compte de la décision de l’arrêt, mais ne pas se sentir obliger de le faire dare-dare, et que cela relevait d’une question d’opportunité. Et les tractations allaient bon train, quand le président de la République à la faveur de la fête de l’indépendance et dans son message à la nation du 6 aout dernier, affirmait ceci : « J’ai, également, suivi avec attention les divers avis sur le processus électoral, en particulier la composition de la commission électorale indépendante. Je voudrais réaffirmer, encore une fois, que la composition actuelle de la commission électorale indépendante résulte d’un large consensus de tous les acteurs politiques ivoiriens de premier plan, après la crise post-électorale. D’ailleurs, ils y sont tous représentés. Cependant, comme le recommande notamment la cour africaine des droits de l’homme et des peuples, j’ai instruit le gouvernement à l’effet de réexaminer la composition de la commission électorale indépendante. »
« Je souhaite, en effet, que les prochaines élections soient inclusives et sans violence. À cet égard, je voudrais en appeler à la responsabilité de la classe politique afin que le débat politique soit apaisé. Je l’ai déjà indiqué, tous ceux qui souhaitent être candidat à l’élection présidentielle de 2020 pourront l’être, conformément aux dispositions de la constitution de la troisième république. »

Arrêtons nous aux trois vocables que sont ‘’Cour africaine’’, ‘’réexaminer’’, et ‘’inclusives’’ pour montre que le président Ouattara s’en tenait au verdict de la Cour, allait s’y pencher, et organiserait les élections les plus transparentes possibles à compter de ce discours. Mais comme en politique on ne fait pas ce qu’on dit et on ne dit pas ce qu’on fait, le 5 septembre dernier de son retour de chine où il a pris part au sommet Chine-Afrique, sa position sur la CEI a été nuancée. En effet à sa descente d’avion, relativement au report des élections locales et à la recomposition de la commission électorale indépendante, il affirme que «non cela n’est pas possible déjà en mi-août le président du PDCI-RDA m’avait saisi pour souhaiter éventuellement un report des élections suite à notre entretien (…) du 8 aout. Je lui avais écrit et je lui ai répondu que je lui avais dit que la réforme de la composition de la commission électorale indépendante ne concernait que les élections présidentielles de 2020.»

Dès lors, tout est dans l’appréciation de ‘’prochaines élections’’ -qui pour lui seront celles de 2020 alors que pour ses opposants comme pour tous, c’était dès le municipales et régionales du 13 octobre prochain- et ‘’inclusives’’. A moins que la Commission des élections inclusives ou commission ‘’exclusive’’ des élections(CEI) selon, ne donne encore matière à des jérémiades pour les opposants vu ses nombreux impairs désormais légendaires; la preuve, même pas encore d’affichage de listes! RHDP au pouvoir, opposition, indépendants, dès lors que la CEI subsiste, chacun devrait conjecturer sa destinée électorale au soir du 13 octobre prochain…

KONE YAO

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