En Côte d’Ivoire les autorités se satisfont du taux de croissance qui est claironné à toutes les rencontres internationales auxquelles elles dressent des doléances pour emprunter davantage. Emprunter plus pour réaliser les chantiers titanesques qu’elles promettent aux ivoiriens. Alors que ces derniers continuent de ployer sous le faix de la misère, bien que le taux de chômage ne soit qu’à 2 %… Et parmi ces pauvres ivoiriens, il y’a bel et bien les paysans à qui on promet toujours plus par rapport à leurs efforts pour maintenir l’économie, mais qui hélas, gagnent toujours en deçà de leurs labeurs, comparativement à leurs pairs des pays limitrophes. Quoi de plus donc de chercher de meilleurs prix rémunérateurs à leurs produits! Parce que -et les exemples sont légion- lors de ce qu’on pourrait appeler la crise du cacao de l’année écoulée, le fonds de garantie assis depuis plusieurs années sur des prélèvements effectués sur ces paysans, n’a pu réguler la filière ; sinon que tardivement, et à petite dose. Et pourtant, les prélèvements n’ont jamais cessé!

La direction du Conseil du coton et de l’anacarde, lasse de voir à l’égard du café et du cacao ses produits prendre la poudre d’escampette, note à l’attention des opérateurs à travers une note dont l’objet est «mesure de lutte contre la fuite des noix de cajou vers les pays limitrophes au titre de la campagne 2018 », que «depuis ces dernières campagnes, nous constatons une recrudescence de la fuite des noix de cajou des zones de production frontalières vers les pays limitrophes. Les observations faites sur le terrain confirment que certains opérateurs se livrent impunément à ce trafic préjudiciable à l’économie nationale, eu égard aux pertes de recettes qu’il occasionne. Au regard de l’ampleur de ce fléau, et soucieux de mettre tout en œuvre pour l’éradiquer au cours de la présente campagne, le Conseil du coton et l’Anacarde :
-rappelle que le transport de produits se fait des zones de production vers les ports et les usines de transformation, et les cargaisons doivent être obligatoirement accompagnées d’une fiche de transfert précisant la destination des produits ; -décide de l’interdiction de la remontée vers les zones frontalières de tout véhicule ou engin roulant transportant des noix de cajou, ainsi que des cargaisons refoulées à l’entrée des magasins portuaires ; -décide de la fermeture systématique et immédiate jusqu’à nouvel ordre de tout magasin ou centre de collecte situé dans les zones jouxtant la frontière ; Tout opérateur contrevenant à ces dispositions s’expose à des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de son agrément, sans préjudice de poursuites pénales, conformément à la règlementation en vigueur ».

On demande à tous y compris aux planteurs de se serrer la ceinture en vendant leurs produits ici -même au prix moins offrant qu’ailleurs- et pourtant nul n’a l’impression que l’Etat lui-même oserait diminuer son train de vie. Pour preuve, les sénatoriales budgétivores qui se tiennent très bientôt…

 

KONE YAO

Commentaires Facebook